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Je sais bien que notre mémoire à court terme est de plus en plus problématique et ce que l’on pense un matin peut être totalement remis en question le matin suivant, quand ce n’est pas carrément l’après-midi même, mais là je crois que l’on est en train d’atteindre des sommets dans notre capacité à interpréter à peu près tout et son contraire en l’espace de moins de 24 heures.

Je sais que ce n’est jamais simple de revenir en arrière plus de trois séances de bourse, d’autant plus qu’entre deux il y a un week-end de ski ensoleillé, mais j’aimerais que l’on se plonge rapidement dans la séance de jeudi passé, juste après l’annonce de la BCE.

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Souvenez-vous, Draghi avait annoncé une baisse des taux, un taux de refinancement à 0% et une augmentation du QE. Que des bonnes nouvelles pour le marché des actions, ce qui l’avait fait monter de près de 3% sur la séance, jusqu’à que Draghi nous déclare avec ses mots imagés que la possibilité de baisser les taux plus bas était somme toute, limitée. Le marché avait donc plus ou reperdu 5% en 2h30.

Jusque là, je suppose que vous devez vous souvenir.

C’est alors que la nuit qui porte conseil est arrivée. Entre la clôture du jeudi soir où nous étions profondément déçus et blessés de ne pas pouvoir envisager des taux à -5% comme dans nos rêves le plus fous et l’ouverture du vendredi matin, nous avons totalement changé d’avis ou oublié les déclarations de Monsieur Draghi sur le plancher ou non, nous avons plutôt ré-interprété ses paroles.

En effet, il y a quelqu’un, quelque part, qui s’est dit que, dans notre malheur, si les taux ne peuvent pas aller plus bas, cela profite tout de même à quelqu’un et ce quelqu’un, c’est le secteur des banques.

Effectivement, on l’oublie tout le temps, mais lorsque les taux montent, les banques peuvent se goinfrer un peu plus sur les marges et ont moins besoin d’expliquer à leurs clients pourquoi ils ne peuvent pas baisser les taux hypothécaires plus bas qu’un certain niveau, parce que vous comprenez, sinon « ça ne serait pas juste » – pas juste en effet, surtout pour les banques.

Mais bon, le sujet n’est pas là. Ce que nous avons retenu vendredi, c’est que si les taux ne baissent plus, à terme c’est qu’ils vont remonter (peut-être dans 5 ans, soit, mais tout de même) – et c’est donc positif pour les bancaires. Et ainsi fût fait. Le secteur est remonté, embarquant avec lui l’ensemble des marchés, histoire de se retrouver plus ou moins là où nous étions jeudi après-midi, juste AVANT que Draghi commence à parler.

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