Le président américain n’est ni le premier ni le seul à déformer ou à inventer une information. Winston Churchill, lors d’une conférence à Québec en août 1943, aurait dit qu’il fallait mieux faire l’information que la recevoir. D’autres ont créé des récits fabuleux pour mieux diriger une nation ou des sectes. Mais revenons à nos moutons et à son berger, Trump.

Durant les deux années de résidence à la Maison Blanche, Trump n’a cessé de clamer haut et fort que la hausse des marchés financiers américains était la preuve de la réussite de sa politique, de son engagement pour la patrie etc…Evidemment, le fait que le marché des actions monte ou baisse n’implique pas forcément que l’économie du pays en question soit en bonne ou mauvaise santé. Mais il est clair que l’électorat de Trump est sensible à ce genre d’affirmation.

Nous savons aussi que Trump a décidé de s’attaquer à toutes les initiatives que son prédécesseur, Barack Obama, avait mises en place. Citons parmi elles, l’Obama Care et, plus récemment, l’accord sur le nucléaire (selon l’ancien ambassadeur anglais aux Etats-Unis qui vient de donner sa démission). Alors est-ce que Trump fait mieux qu’Obama sur une période débutant le jour de l’investiture jusqu’au 31 mai de la 3ème année en poste ?

La réponse est que Obama est en tête. Les chiffres sont éloquents : durant la période Obama, le SP500 a gagné 56,4% contre 21,4% pour Trump. Le Nasdaq a grimpé de 92,9% contre 34,2% et le Dow Jones de 50,6% contre 25,2%. Trump serait comparable à Clinto en ce qui concerne les résultats boursiers.

Source: https://www.macrotrends.net/2614/sp500-performance-by-president-from-election-date

A la décharge de Trump, Barack Obama a été élu le 4 novembre 2008 et a succédé à George W. Bush le 20 janvier 2009. Rappelons que les marchés financiers avaient fortement baissé en fin 2008 et nous connaissons la suite.

Par contre, Obama appliquait une politique que nous pourrions jugé comme « normale » qui, certes, était teintée par la couleur démocrate. A contrario, Trump n’en fait qu’à sa tête et donne du fil à retordre aux investisseurs qui semblent oublier les faits économiques pour ne se concentrer que sur les tweets de Trump. Bien malin est celui qui saura deviner quelles sont les véritables intentions du président américain et donc quelle est son influence réelle sur les marchés boursiers.

Celui-ci continuera donc à raconter ses histoires brèves qui, peut-être, seront un nouveau genre littéraire côtoyant la poésie et le roman.

 

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