Malgré sa diversification, l’économie canadienne demeure, depuis plus de 400 ans, dominée par l’extraction et l’exploitation des ressources naturelles. Pour s’en convaincre, il n’y a qu’à considérer l’étroite corrélation entre la force du dollar canadien et le prix du pétrole sur les marchés internationaux.

Or, en dépit des impacts de cette industrie sur l’ensemble des Canadiens, on discute fort peu chez nous de ses effets ou de la nature même de l’exploitation de ressources naturelles. Est-ce parce que cette exploitation se fait souvent dans des régions éloignées, qu’on ne connaît pas, ou alors seulement sous forme de mythe ?

Cette ignorance n’est pas sans coûts. Elle est en partie responsable, par exemple, de l’immense dette environnementale causée par de multiples mines abandonnées et qui dépasse de loin le milliard de $, seulement au Québec.

Alors que la question climatique est au cœur des programmes politiques et qu’on prend conscience, sur une base quotidienne ou presque, de la petitesse de notre planète, il est plus que temps de se demander jusqu’où on doit continuer à creuser et à exploiter les ressources de notre Terre.

Nous le ferons aujourd’hui en compagnie d’Yves-Marie Abraham, sociologue et professeur à HEC Montréal. Poursuivant ses recherches dans le domaine de la décroissance, il a codirigé, avec David Murray, un recueil intitulé « Creuser jusqu’où ? Extractivisme et limites à la croissance », paru à la fin 2015 chez Écosociété et qui fait suite, à un premier recueil intitulé « Décroissance versus développement durable. Débats pour la suite du monde » paru chez le même éditeur en 2011.