Nous sommes en avril 1869. Albert Lacroix, l’éditeur belge des « Misérables » publie le nouvel ouvrage de Victor Hugo : « L’homme qui rit ». Un désaccord sur la distribution du livre va provoquer la rupture entre l’auteur et l’éditeur. Mais, ce n’est pas cette histoire-là qui doit retenir notre attention. Dans ce roman, Hugo écrit : « Il n'y a point de petite haine. La haine est toujours énorme. Elle conserve sa stature dans le plus petit être et reste monstre. Une haine est toute la haine. Un éléphant que hait une fourmi est en danger. » Un peu plus de septante ans plus tard, Louis-Ferdinand Céline écrit dans son « Voyage au bout de la nuit » : « Quand la haine des hommes ne comporte aucun risque, leur bêtise est vite convaincue, les motifs viennent tous seuls. » Comment se porte la haine à travers les siècles et plus exactement l’incitation à la haine, c’est la question du jour. Invité : Jean-Jacques Amy, professeur émérite à la Vrije Universiteit Brussel. Membre fondateur de la Ligue pour l’abolition des lois réprimant le blasphème et le droit de s’exprimer librement. « La bête rôde encore-Essai sur l’incitation à la haine » ; Espace de Libertés, éditions du Centre d’Action Laïque.