durée : 00:58:08 - L'atelier fiction - " Ecrire c'est donner un sens à la souffrance." Des années 1950, alors qu'elle était âgée d'à peine 20 ans, jusqu'à son suicide en 1972, Alejandra Pizarnik n'a cessé de chercher ce sens à travers le journal intime, qu'elle tint régulièrement en parallèle à ses écrits en prose et à ses poèmes. Née en 1936 à Buenos Aires dans une famille juive émigrée d'Europe de l'Est où l'on parlait encore le yiddish, elle a fait de l'espagnol non seulement sa langue, mais aussi sa cause, son combat, sa vie. Son ouvre entière est un corps-à-corps avec les mots, seules bouées possibles dans le naufrage sans fin que fut pour elle l'existence dès sa naissance. La solitude et le sentiment d'abandon étaient ses maladies natives ; elle en fit un drame du langage. Car comment dire la difficulté d'être quand la lucidité sur sa propre impuissance est si aiguë qu'elle vous brûle ? Comment trouver sa voix quand on étouffe ? Chronique des jours malades, mais aussi registre des lectures passionnées et des hommages à ses maîtres (Lautréamont, Rimbaud) ou à ses frères et sours en écriture (V. Woolf, Kafka, Pavese.), le journal d'Alejandra Pizarnik est également une sorte de laboratoire littéraire pour celle qui rêvait d'écrire des romans et ne réussit qu'à livrer des poèmes aussi secs et brillants que des diamants bruts.