C’est officiel. Joe Biden est le 46ème président des États-Unis. Mercredi, il a été investi lors d’une cérémonie à la Maison blanche, tirant un trait sur le mandat de Donald Trump, qui a refusé d’y assister. Après le symbole, viendront les défis à relever pour le nouveau président américain, estime Jean-Luc Hees, journaliste, ancien président de Radio France et ancien correspondant aux États-Unis.

Alors que de nombreux observateurs s’attendaient au pire après l’invasion du Capitole le 6 janvier, l’investiture de Joe Biden s’est passé dans le calme. "Il y avait deux images de l'Amérique. D’un côté, notre ami Donald Trump qui partait comme il était venu, content de lui. C’était un show hollywoodien. De l’autre côté, une cérémonie qui est devenue très belle, sobre, très émouvante. C’était frappant", analyse Jean-Luc Hees.

Un mot d’ordre : l’unité
Le discours du nouveau président Joe Biden a été entièrement axé autour de l’unité. "Ça ne doit pas être facile pour Joe Biden car le pays est divisé mais cet homme a essayé de rappeler à ses concitoyens qu’on a le droit de ne pas avoir les mêmes idées. L’idée des pères fondateurs c’est qu’on peut être ennemi en politique mais pas dans la vie et les valeurs du pays", affirme celui qui a été correspondant aux États-Unis dans les années 1980.

Si le pays apparaît aujourd’hui profondément divisé, les dégâts sont réparables selon Jean-Luc Hees. "Biden est expérimenté et a une vision de son pays. Cet homme a au moins l’expérience, il est plutôt bien équipé pour regarder l’avenir", commente le journaliste. Toutefois, "on ne peut pas se dire qu’il y a 60 millions d’abrutis qui ont voté pour Trump. Le Trumpisme ne va pas disparaître", assure Jean-Luc Hees. 

Refaire unité dans le pays ne va "pas être simple et ça ne va pas prendre trois jours. Mais il faut être optimiste. Hier était une bonne journée pour la démocratie", sourit-il.

Un nouveau départ dans les relations internationales
Pour beaucoup de chefs d’État, l’investiture de Joe Biden signe un "nouveau départ", pour reprendre les termes de la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen. Pour Jean-Luc Hees, "cet épisode Trump a coûté très cher". La confiance entre de nombreux pays européens et les Etats-Unis est très abîmée. "Comment voulez-vous faire confiance en un allié qui vous crache au visage ?", poursuit le journaliste.

Toutefois, "c’est très compliqué de se dire que la défense et la sécurité va dépendre de nouveau des États-Unis. Il va falloir reconstruire une vraie relation", assure le journaliste. Jean-Luc Hees tempère : "L'Amérique fera toujours passer ses intérêts nationaux avant les autres pays".