La crise sanitaire, environnementale et économique provoque de nombreuses incertitudes dans les cerveaux. Entre la perte de sens au travail et la recherche de solutions pour sauver notre écosystème, les enjeux sont multiples. Sébastien Bohler, docteur en neurosciences et rédacteur en chef du magazine Cerveau et Psycho, donne dans son livre "Où est le sens ?" (éd. Robert Laffont), des pistes de réflexion sur la quête de sens. 

Depuis le 22 août dernier, nous avons épuisé les ressources que la Terre peut régénérer en un an et nous vivons donc à crédit de celles-ci. "Notre incapacité à tirer les leçons de la conscience de la dégradation de notre planète nous vient du fait que nous sommes poussés à consommer", regrette Sébastien Bohler. Pour lui, "il y a une guerre qui se joue à l’intérieur de notre cerveau avec quelque chose d’animal qui nous pousse à consommer. Et de l’autre côté, on a cette aspiration qui veut savoir où on va, qu’est-ce qu’on fait tous ensemble ?" Et c'est la partie consumériste qui prend le dessus alors que le besoin de sens est toujours très présent. "C’est un premier réflexe qui est déstructeur", explique Sébastien Bohler.

DOIT-ON S’ADAPTER ?
"Le cerveau ne peut pas s’adapter à n’importe quoi. C’est tout le système de la gestion du temps et de l’organisation du travail qui doit être adapté. Il faut remettre en question le dogme de la compétition pour la croissance", alerte le docteur en neurosciences. 

UN BESOIN DE COLLECTIF
Le sens a d’autant plus d’importance lorsqu’il prend une dimension collective. Dans le passé, "il y a eu un besoin de déchiffrer les autres. C’est passé par des rituels car ils permettent de se sentir le miroir de l’autre. Les valeurs morales sont décisives pour créer un ordre à la place du chaos", explique Sébastien Bohler. 

PRIVILÉGIER LE SENS À LA PUISSANCE 
Quelles sont les solutions pour retrouver ce sens ? "Il va falloir produire moins et consommer moins. L’être humain est plus configuré pour vivre dans une situation de léger manque que de pléthore", conclut Sébastien Bohler.