Le projet de révision des lois de bioéthique est à nouveau à l'étude à l'Assemblée, depuis hier en commission spéciale et la semaine prochaine en assemblée plénière. Depuis des années, Tugdual Derville se bat pour faire entendre ses convictions en matière de famille et de bioéthique, et défendre une certaine idée de la vie et du respect du vivant. Délégué général d'Alliance Vita, association qui accompagne les personnes fragiles en début et en fin de vie, il réagit à la façon dont le projet de loi est étudié et pointe du doigt un calendrier qu'il juge "indécent". Il dénonce la façon dont les plus fragiles, qui ont été mis en avant durant le confinement et dans le combat contre le coronavirus, sont finalement "attaqués directement" par ce projet de loi.

 

Un calendrier "indécent"
Hier, l'archevêque de Paris, Mgr Michel Aupetit a publié une tribune dans Le Figaro "pour protester contre la volonté de l’exécutif de faire adopter de façon définitive le projet de loi bioéthique avant les vacances parlementaires". Pour Tugdual Derville, il y a "une forme d'indécence" qui "révèle "où sont les intentions profondes, quelles sont les priorités au fond". "On nous met en urgence, au début de la session extraordinaire de l'Assemblée nationale, ce débat, comme s'il fallait passer en force alors qu'on l'a vu avec un sondage qu'a fait Marchons enfants, seulement 1% des Français estiment que ce projet de loi à ce stade est prioritaire." 

En février dernier, la loi de bioéthique était adoptée en première lecture par le Parlement. Aujourd'hui, elle revient en deuxième lecture à l'Assemblée nationale, dans une relative indifférence. Pour Tugdual Derville, ce "contexte difficile de semi-confinement empêche largement le débat démocratique". "Tout à l'heure je voyais qu'en commission des lois actuellement, les ministres ne sont pas venus débattre du sujet, du coup les députés ont pris des positions sans même la présence des ministres, il y a quelque chose d'indécent quand on voit les enjeux auxquels les Français sont confrontés en terme de sécurité sanitaire, de pouvoir d'achat, de logement..."

 

la PMA pour toutes, le combat d'emmanuel macron ?
Si le mariage pour tous a été un marqueur politique pour François Hollande, la PMA pour toutes est-elle celui d'Emmanuel Macron ? Si avec le président actuel, "ça s'est passé de manière d'apparence moins brutale", Tugdual Derville note qu'"à l'arrivée" cela se passe de façon "beaucoup plus transgressive". Il parle même d'une "tactique étrange" de la part d'Emmanuel Macron et souligne le "paradoxe" entre la tenue des états généraux de la bioéthique et la façon dont "tout a été mis tout de suite à la poubelle, parce que cette façon dont la consultation a abouti ne plaisait pas à ceux qui promeuvent les transgressions nouvelles".

Tugdual Derville dénonce la façon dont les plus fragiles, qui ont été mis en avant durant le confinement et dans le combat contre le coronavirus, sont finalement "attaqués directement" par ce projet de loi. "Ce slogan 'solidaire des plus fragiles', qui est la ligne de base d'Alliance Vita, a été promu au plus haut sommet de l'État, pendant tout le confinement, la période la plus dure du Covid, ces repères-là, qui sont les plus essentiels pour solidifier la société, sont attaqués directement."

 

ce que dénonce Tugdual Derville
​"Petit à petit, on va vers le fantasme d'un enfant si je veux quand je veux sans personne, le fantasme d'un enfant parfait, estime Tugdual Derville, et puis aussi le fantasme individualiste d'une société atomisée où il n'y a plus ces structures qui portent les plus vulnérables." Le délégué général d'Alliance Vita voit dans les nouvelles lois de bioéthique, "une atteinte aux droits fondamentaux de l'enfant" par la "dérégulation de l'accès à la procréation médicalement assistée". Il dénonce aussi une "instrumentalisation croissante de l'embryon humain" où "l'embryon humain est considéré comme une chose". Il note enfin une "intensification de la section eugéniste" avec notamment "l'augmentation du diagnostic préimplantatoirte" qui vise à "trier les embryons".

Le délégué général d'Alliance Vita s'inquiète d'un projet qui "demeure extrêmement transgressif, même de plus en plus transgressif". "Les Français vont subir quelque chose dont ils ne mesurent pas à quel point, même en terme d'écologie, de respect des fondamentaux de notre identité d'être humain, la France va très loin dans les nouvelles transgressions." Alliance Vita mène propose des formations et mène des actions de lobbying et de plaidoyer pour alerter sur certaines évolutions sociétales et politiques qui paraissent dangereuses. Pour son délégué général, "l'humanisation de notre société passera par le respect profond de l'embryon humain".