Bethléem. En cette veille de Noël, les pèlerins se pressent nombreux dans la basilique de la Nativité. Car c'est ici, il y a 2.000 ans, que Joseph et Marie auraient trouver refuge pour donner naissance à Jésus, selon les Evangiles. Aujourd'hui, la ville est en territoire palestinien, en Cisjordanie, à seulement 10 km au sud de Jérusalem. La cité du du roi David connaît un sort cruel, enfermée depuis 2003 derrière un mur de huit mètres de haut, construit sur sa partie nord par l'Etat israélien. Une situation d'enfermement qui inquiète la maire de la ville, Vera Baboun. Avec Philippe Demenet elle signe "Pour l'amour de Bethléem" (éd. Bayard).

On se souvient de la venue du pape François en 2014, et de sa prière devant le mur de Bethléem. Il y a déposé "un papier d'espérance , un cri silencieux", selon les mots du Père Jacques Nieuviarts. Le bibliste connaît la ville où se trouve la tombe de Rachel. Il rappelle qu'étymologiquement, "bethléem" signifie "la maison du pain". "C'est un lieu fait pour vivre."
 

ServizioFotograficoOR/CPP/CIRIC - 25.05.2014, le pape François touchant le mur de séparation à Béthleem, Palestine

 

Le combat de Vera Baboun
La situation de Bethléem, ville emmurée, inquiète. Vera Baboun, chrétienne profondément croyante, "dontla foi irrigue chaque instant de la vie", a constaté Philippe Demenet, compare la situation des habitants de la ville à celle des esclaves noirs d'Amérique. Spécialiste de littérature afro-américaine, elle redoute que les jeunes finissent par s'habituer à leur, à leur situation d'enfermement comme les esclaves s'habituent à leurs chaînes. Elle espère qu'ils puissent "trouver une voie / voix intérieure pour exprimer leur âme", selon Philippe Demenet.

"Une ville emmurée c'est une ville dont les habitants ont soif de rencontres." Les invités de Stéphanie Gallet témoignent l'un et l'autre de l'accueil formidable que reçoivent les pèlerins en visite à Bethléem. Pour sortir de la ville, il faut en effet passer par de nombreux checkpoints installés au long des routes. Et pour les franchir il faut obtenir un permis. Que les jeunes n'obtiennent pas, si bien que 50% de la population de Bethléem a pour horizon ce mur, et n'a jamais vu la mer.