Loi asile et immigration: un texte qui divise
La discussion du projet de loi asile et immigration se poursuit à l'Assemblée nationale. Les débats ont commencé lundi dernier et avancent très lentement. Le projet devait être adopté en première lecture vendredi soir mais François de Rugy, le président de l'Assemblée a annoncé hier après-midi que les débats allaient se poursuivre samedi voire dimanche. La nuit dernière, les députés en étaient à l'examen de l'article 6 d'un projet qui en compte 41.

Cette lenteur s'explique par des passes d'armes politiciennes, des rappels au règlement et les mêmes questions posées plusieurs fois aux ministres. Les députés LR parlent d'un et ldquo;plan caché et rdquo; de 40 000 régularisations qui serait derrière ce projet de loi. Plan qui n'apparaît pas dans le projet actuellement présenté. 

La nuit dernière, les débats ont été très vifs autour de la réduction à 15 jours du délai d'appel après le rejet d'une demande d'asile. Les députés de gauche et certains députés de la majorité s'élèvent contre cette mesure alors que les Républicains et le Front national la jugent au contraire insuffisante.

Plus de 1 000 amendements ont été rédigés dont 200 déposés par des députés LREM, une première. C'est en effet la première fois que la majorité présidentielle se divise ainsi.  Le patron des députés LREM, Richard Ferrand a, à demi-mots, menacé d'exclusion ceux qui ne voteraient pas le texte.
 
Mouvements sociaux: vers une convergence des luttes?
Jeudi 19 avril dernier avait lieu une journée de mobilisation à l'appel des syndicats CGT et Solidaires avec pour mot d'ordre la convergence des luttes : 130 manifestations un peu partout en France ont rassemblé près de 300 000 manifestants selon la CGT, 119 500 selon les pouvoirs publics.

Dans les cortèges, outre les cheminots, il y avait des étudiants, des lycéens, des fonctionnaires, des électriciens et des gaziers, des postiers, des agents RATP, des enseignants, des personnels de crèches et d'autres encore, comme des retraités ou des zadistes. Les organisateurs estiment que la mobilisation grandit et se disent prêts à renouveler l'expérience. Côté FO et CFDT en revanche, pas question de défilé unitaire, même le 1er mai.

A la SNCF, les cheminots ont attaqué la 4ème séquence de grève perlée. Mercredi dernier, le gouvernement annoncé la fin du recrutement au statut de cheminot à partir du 1er janvier 2020. Les syndicats affirment l'avoir appris dans la presse et dénoncent "un passage en force" et l'intersyndicale a annoncé qu'elle suspendait sa participation à la concertation avec la ministre Elisabeth Borne et qu'elle souhaitait être reçue par le Premier Ministre, ce que ce dernier a refusé. Le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger dénonce lui aussi, dans une tribune au Monde, un déni de démocratie et appelle le gouvernement à de véritable négociations.

Du côté des étudiants, une quinzaine d'universités sont occupées ou en partie bloquées et Sciences Po a rejoint le mouvement cette semaine, de même que les instituts de Sciences politiques de Rennes. Les étudiants s'opposent à la loi ORE et ldquo;Orientation et réussite des étudiants et rdquo; qui prévoit de nouvelles conditions d'accès à l'université .

La ministre Frédérique Vidal a assuré que la plupart des examens seraient maintenus, rappelant que et ldquo;même en 68 et rdquo; les examens avaient eu lieu. Mercredi, six présidents d'université ont publié sur le site de l'Etudiant une tribune pour demander au ministère "l'ouverture de négociations"  pour sortir du "rapport de force". Jeudi dernier dans le Monde, 60 présidents d'université ont en revanche écrit leur soutien à la loi ORE, tout en réclamant plus de moyens pour appliquer cette loi. Et ce matin enfin, le site de Tolbiac de l'université Paris I a été évacué par les forces de l'ordre.
 
L'agenda européen d'Emmanuel Macron
Une semaine sous le signe de l'Europe pour le Président de la République. Mardi dernier, Emmanuel Macron a pris la parole au Parlement européen de Strasbourg, avant de lancer à Epinal les et ldquo;consultations citoyennes et rdquo; sur l'Europe. Et jeudi 19 avril dernier, il s'est rendu à Berlin pour rencontrer Angela Merkel.

"Nous sommes convenus que d'ici au Conseil du mois de juin nous prendrons des décisions importantes pour relancer l'Europe", a dit Angela Merkel, même si les deux dirigeants ont reconnu que des désaccords existaient. Ils ont dit vouloir avancer en particulier sur l'Union bancaire, la Zone euro et les politiques migratoires. 

Emmanuel Macron a quant à lui évoqué une et ldquo;souveraineté réinventée et rdquo; contre la tentation autoritaire qui menace l'Europe. Une souveraineté qui s'appuie sur cinq piliers : la sécurité (intérieure, extérieure et de défense), une position unie dans le domaine commercial, une économie qui protège les travailleurs et les consommateurs, une souveraineté climatique et énergétique avec un prix minimum et une taxe aux frontières sur le CO2, et une souveraineté numérique.
 
Cuba à l'heure de la succession Castro
Pour la première fois depuis près de 60 ans, Cuba n'est plus dirigée par un Castro. Jeudi 19 avril dernier,Miguel Diaz-Canel a succédé à Raul Castro à la présidence. Raul Castro avait lui-même succédé à son frère Fidel en 2006. On reste assurément dans un régime autoritaire. Impossible de savoir si l'on peut s'attendre à des avancées en matière de droits de l'homme.

Sous la présidence de Raul Castro, des réformes ont été entreprises et l'économie de marché est entrée sur l'île, avec la création de micro-entreprises. Les Cubains ont par ailleurs désormais la liberté de voyager. La question est désormais de savoir si cette ouverture va se poursuivre.