"J'entends des voix" de Laurence Bibot : la voix de la police.

Marcel Leroy pour "Adios, Fangio" - Opuscule #150 (Lamiroy).

Coronavirus, printemps 2020. Sur une route déserte, un type marche. Il entrevoit la possibilité d'un monde où les bagnoles, icônes culturelles, objets emblématiques de la société de consommation, verraient leur crépuscule. Une scène de road movie, souvenir de Paris-Texas, le film de Wenders. Les autos finissent toutes à la casse. Comme les humains. Enfant, à Francorchamps, le marcheur aura eu la chance de parler à Fangio. Il réfléchit à l'incidence de la mécanique sur sa trajectoire. Arrivé au bout de sa balade, il se dit que l'épidémie ne serait qu'un signe avant-coureur du réchauffement climatique. Il murmure « Adios, Fangio ».

Spéciale sur la film "La Haine" de Mathieu Kassovitz, sorti il y a 25 ans et qui est ressorti en version restaurée 4K le 14 octobre en salles. Abdel Ichah, seize ans est entre la vie et la mort, passé à tabac par un inspecteur de police lors d'un interrogatoire. Une émeute oppose les jeunes d'une cité HLM aux forces de l'ordre. Pour trois d'entre eux, ces heures vont marquer un tournant dans leur vie...

On en parle avec Dick Tomasovic, chargé de cours en histoire et esthétique du cinéma et des arts du spectacle à l'ULg.

"Machins, Machines" d'Hélène Maquet : "L'Âge du capitalisme de surveillance", l'essai de la sociologue américaine Shoshana Zuboff paru chez Zulma qui secoue la Silicon Valley...

Tous tracés, et alors ? Bienvenue dans le capitalisme de surveillance ! Les géants du web, Google, Facebook, Microsoft et consorts, ne cherchent plus seulement à capter toutes nos données, mais à orienter, modifier et conditionner tous nos comportements : notre vie sociale, nos émotions, nos pensées les plus intimes... jusqu'à notre bulletin de vote. En un mot, décider à notre place - à des fins strictement lucratives. Des premiers pas de Google au scandale de Cambridge Analytica, Shoshana Zuboff analyse cette mutation monstrueuse du capitalisme, où la souveraineté du peuple est renversée au profit non pas d'un État autoritaire, comme on pourrait le craindre, mais d'une nouvelle industrie opaque, avide et toute-puissante, menaçant dans une indifférence radicale notre libre arbitre et la démocratie.