Voici ce qu’écrit Judith Bordas à propos de sa création sonore et de son origine : « En tant que femme, j'ai appris une sorte de langage absurde que je partage avec d'autres femmes: il consiste au jeu en pointillés d'une marche alternée rapide et lente la nuit : une sorte de long message codé lancé dans le vide, bien au dessus des immeubles : j'ai appris notamment à tenir des conversations avec un téléphone éteint, à lever le nez au ciel pour donner l'illusion de chercher le numéro d'une rue, à boiter. À parler une autre langue. Plus absurde encore : j'ai appris à ralentir quand le danger triture mon dos afin de feindre de ne pas avoir peur. Depuis l'enfance les zones où je suis invisible, où l'on ne peut me voir, me sont interdites, les zones non éclairées, les petits lacs noirs et les diverses ombres portées des immeubles me sont déconseillés, les espaces où l'on ne pourra me venir en aide sont bannis de ma trajectoire. De ma vie je ne traverserai peut-être jamais une forêt toute seule." Avec : Camille, Noémie, Morgane, Aurore, Lorraine, Nelly, Marie et Marion. Textes Judith Bordas et Camille. réalisation Annabelle Brouard Remerciements : Flore, Halinoro, Michèle, Pascale Tison, Irène Omelianenko, Inès Debruyn, Catherine Dan du CNES de Villeneuve les Avignon. Avec le soutien de la Bourse Gulliver