Depuis le début de ce mois de septembre, Musiq3 vous invite à découvrir cinq podcasts originaux consacrés à de grands mythes, contes et légendes. Une série que nous avons intitulée "Au-delà du mythe"

Des mythes qui vous sont contés par cinq grandes voix lyriques belges : Jodie Devos, Anne-Catherine Gillet, Sophie Junker, Céline Scheen et Sarah Defrise.

La soprano Sarah Defrise que nous avions rencontrée en octobre 2020. A la faveur de cette série de podcasts "Au-delà du mythe", nous vous proposons de (re)découvrir cette artiste, aussi volubile que brillante !

Née dans une famille de scientifiques-mélomanes, Sarah Defrise a toujours été entourée de musique. Dès l'âge de 4 ans, elle débute le piano. Une passion à laquelle s'ajoute rapidement celle du théâtre. Dès l'âge de 10 ans, la jeune soprano décide qu'elle sera chanteuse.

Elle intègre alors la Choraline, le Choeur des Jeunes de la Monnaie. Parallèlement à ses activités musicales, elle entreprend des études de langues et littératures romanes à L'ULB. Des études qu'elle interrompra pour se consacrer désormais exclusivement à l'Art lyrique.

Un parcours académique d'Art lyrique qui se poursuivra en deux temps temps : tout d'abord au Conservatoire de Bruxelles, section néerlandophone, puis à Paris, à l'Ecole Normale de Musique Alfred Cortot, où elle travaillera avec Daniel Ottevaere, grand pédagogue belge émigré à Paris, et qui deviendra son mentor.

En 2014, la jeune soprano belge fait ses débuts à l'opéra royal de Wallonie dans le rôle de Clorinda dans la "Cenerentola" de Rossini. Depuis lors, Sarah Defrise n'a pas cessé de chanter à l'opéra. On y apprécie bien sûr la souplesse, l'agilité, et l'expressivité de sa voix lumineuse, à la projection rare. Mais c'est aussi son jeu d'actrice extrêmement convaincant et engagé, qui est particulièrement remarqué par les metteurs en scène, comme par les Directeurs musicaux.

A la question de savoir si le métier de comédienne aurait pu être une autre voie, Sarah Defrise nous répondra sans détour : " J'y pense encore toujours, mais l'Opéra n'est rien d'autre que du théâtre en Musique ! "

En septembre 2020, c'est à La Monnaie que Sarah Defrise incarne le rôle principal d'une adolescente, dans l'opéra "Dead little girl", de Jean-Luc Fafchamps, 1er volet de la trilogie "Is this the end ? " Dans cette production, filmée et diffusé en streaming, les performances vocales et théâtrales de Sarah Defrise ne font qu'un. On y ressent toute la douleur de l'adolescence, comme si la jeune soprano était vraiment cette adolescente en détresse.

Parallèlement à ce métier à l'Opéra, Sarah Defrise nourrit depuis plusieurs années maintenant, une passion pour le compositeur belge Joseph Jongen (1873-1953). Une passion qui l'a conduite à réaliser une thèse de Doctorat autour des mélodies pour voix et piano de Jongen.

Un travail intense, minutieux et méticuleux qui l'a occupée pendant quatre ans. Une thèse qui exigeait également de proposer une production musicale. Celle-ci s'est concrétisée par l'enregistrement discographique de l'intégrale des mélodies pour voix et piano de Jongen.

Le 1er volume de cette trilogie, intitulé "Entrevisions" est paru chez Musique en Wallonie. Deux autres volumes sont à paraître dans le futur. Dans ce 1er volet, Sarah Defrise est accompagnée par l'excellent pianiste londonien Craig White. ils y explorent, entre autre, l'opus 25, composé en 1902.

A propos de Jongen, Sarah Defrise nous confiera que " La découverte de sa musique m'a fait changer la façon dont j'envisage la musique [...] L'une des difficultés et des douleurs de Jongen aura été celle de ne pas comprendre, au tournant du 20e siècle tout le courant dodécaphonique qui s'amorçait. Jongen ne l'a jamais emprunté. "

En conversant avec la jeune artiste, on se rend vite compte de la richesse de sa personnalité : elle n'est ainsi pas seulement une artiste lyrique très complète, mais aussi une chercheuse, et enfin une citoyenne...