Stanislas de Haldat, l'auteur du docu "Claudia Cardinale : La créature du secret", à voir ce dimanche 10 octobre à 22h40 sur Arte.

Comment une jeune Tunisoise sauvage et garçon manqué devint sans le vouloir une grande actrice. Claudia Cardinale ou le destin follement romanesque d'une star paradoxale, qui a notamment tourné avec Federico Fellini, Luchino Visconti, Blake Edwards et Sergio Leone. Elle a illuminé de son sourire radieux plus d'une centaine de films, dont quelques monuments de l'histoire du cinéma (entre autres, Le guépard et Huit et demi, ses chefs-d'œuvre préférés, tournés en 1962, puis Il était une fois dans l'Ouest). Lorsqu'elle a fait une entrée fracassante, à 23 ans, dans le septième art, en venant présenter à Cannes deux films (La fille à la valise de Zurlini et Le mauvais chemin de Bolognini), on l'a prise pour une Bardot brune, ou une nouvelle Sophia Loren. Rieuse, modeste, faussement naïve, cette pseudo-Italienne, francophone et grandie à Tunis, venue au cinéma faute d'autre solution après avoir refusé avec constance les propositions de Cinecittà, va laisser dire durant dix ans. Alors qu'elle travaille sans relâche sous l'égide d'un producteur pygmalion, Franco Cristaldi, passant avec souplesse d'un rôle et d'un genre à l'autre, nul ne devine que cette star paradoxale, aussi secrète qu'exposée, porte dans la vie un masque plus trompeur qu'à l'écran.