Nous sommes, à Coxyde, en janvier 1915. Edouard Froidure a une quinzaine d’années lorsqu’un avion allemand lâche une bombe près du jardin familial. Il racontera cette triste expérience : "De mon mieux, j’ai aidé les gens à ramasser une femme criblée d’éclats et à l’étendre sur une civière de fortune. Mon cœur battait, je rencontrais pour la première fois l’horreur de la guerre : tout ce sang répandu, ces cris, cette panique. Mes yeux n’arrivaient pas à se détacher de ce corps inerte, brisé, sanguinolent, dont la vie se retirait de seconde en seconde. La mort planait ce jour-là sur les non-combattants ; j’en compris tout le drame". Comme pour de nombreux Belges, et d’autres Européens, le premier contact avec la violence de guerre s’est donc fait, pour le jeune Edouard, à l’arrière du front, à la vue de civils tués depuis les airs. Invité : Nicolas Mignon, historien, spécialisé en littérature de guerre belge.