13h20 : L'affaire Jacques Georgin ou l'extremisme meurtrier

Nous sommes dans la nuit 11 au 12 septembre 1970, à Bruxelles.
La Belgique vit au rythme de la campagne pour les élections communales.
Une campagne qui mobilisent les militants et les sympathisants des différentes tendances politiques.
Cette nuit-là quatre compagnons de route du « Front démocratique des francophones », le FDF, ont décidé d'employer quelques heures à coller des affiches du parti dans les rues de Laeken.
L'ambiance est à la bonne humeur mais l'expérience vire au cauchemar lorsqu'une partie de la petite troupe est accostée par plusieurs hommes se revendiquant du « Vlaamse Militanten Orde », le VMO, un groupe d'action nationaliste flamand.
L'agression est violente.
C'est une véritable baston.
Au cours de cette nuit du 11 au 12 septembre 1970, il y a tout juste cinquante ans, Jacques Georgin, l'un des poseurs d'affiches, un enseignant âgé d'à peine 35 ans, va perdre la vie.
Dans « Le Soir », Charles Rebuffat, rédacteur en chef-adjoint du journal écrira :
« Un homme a été assassiné cette nuit, un autre sérieusement blessé.
Ils n'ont pas été victimes de coups malheureux, lancés dans la confusion d'une bagarre qu'ils auraient contribué à provoquer.
Ils ont été assaillis froidement, délibérément, à dix contre deux, par un commando motorisé. (...)
Il ne s'agit pas d'un accident, mais d'un crime.
Il n'a peut-être pas été voulu, mais le risque, au moins, en a été volontairement couru, comme le prouve encore les affiliations respectives des agresseurs et de leurs victimes :
on ne s'est pas trompé de cible. (...)
Il faut oser dire que c'est un crime pour que les hommes responsables de ce pays, quelle que soit leur appartenance idéologique ou linguistique, se décident enfin à prendre toutes les mesures légales pour mettre un terme à l'existence et aux méfaits de ces milices armées, organisées, que l'on a vu croître et embellir sous des uniformes nostalgiques. »
Retour, aujourd'hui, sur l'Affaire Jacques Georgin.

Invités: Jean Rebuffat, journaliste et Thibaut Georgin, fils de la victime.

14 heures : Le Rebetiko, musique centenaire

C'est dans les années 20 que va naître à Athènes, suite à l'exil d'une grande partie de la population hellénophone de Turquie vers la Grèce, un nouveau courant musical frondeur et provocateur. C'est le rebetiko, qui mêle à ses textes empreints d'observations sociales les sonorités orientales des luths, saz et autres bouzoukis. Cette musique et les musiciens qui la jouent seront au cours de l'histoire du vingtième siècle persécutés, interdits, censurés, emprisonnés. Et pourtant le rebetiko survit au fil des décennies, pour être encore actif aujourd'hui, et transmettre une mémoire non pas des puissants, mais du peuple, des pauvres et des laissés pour compte.

Invité : Philippe Delvosalle, de Point Culture.
Réalisation : Roxane Brunet.