Donneur de voix : René Depasse | Durée : 33min | Genre : Philosophie


Album de Monsieur Teste, gravure de Paul Valéry (1945)

« La bêtise n’est pas mon fort. » Paul Valéry commençant par cette affirmation, est un homme qui a vécu. Il aurait pu être valablement célèbre. Mais, dit-il, « je me suis préféré ». Il rêve « que les têtes les plus fortes, les inventeurs les plus sagaces, les connaisseurs le plus exactement de la pensée devaient être des inconnus, des avares, des hommes qui meurent sans avouer ». Monsieur Teste, qu’il rencontre dans un café, est un de ces héros silencieux.

Henri Breton disait savoir par cœur Une soirée avec monsieur Teste et André Gide y voyait « une éthique ».
Mallarmé, Rimbaud, les découvertes scientifiques provoquent chez Valéry, à vingt ans, une crise intellectuelle profonde engendrant deux idées fondamentales : le « fonctionnement » de l’être intérieur obéit à des lois mathématisables et universalisables ; seule une dissociation du Moi d’avec lui-même peut permettre la distance, la maîtrise et la lucidité nécessaires à la compréhension de ces lois.
« Teste », c’est à la fois « tête », (« Je confesse que j’ai fait une idole de mon esprit… ») et « témoin » (testis) (« Je suis étant, et me voyant ; me voyant me voir et ainsi de suite… »).
« À force d’y penser, dit le poète, j’ai fini par croire que M. Teste était arrivé à découvrir des lois de l’esprit que nous ignorons », en vue de répondre – ou plus exactement de devenir la réponse même – à cette question : « Que peut un homme ? »

À réécouter plusieurs fois certains passages….

Illustration : Album de Monsieur Teste, gravure de Paul Valéry (1945).

La Soirée avec monsieur Teste.

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