Mission encre noire Tome 27 Chapitre 321.Vol DC-408 de Nicolas Chalifour paru en 2019 aux éditions Héliotrope. Un homme reçoit, par erreur, un manuscrit en provenance du Portugal. Il découvre les invraisemblables aventures d'un écrivain en cavale. Montréal, janvier 2012, il décide de mettre ses pas dans les siens, et de se laisser gagner par la fièvre qui habite le fatras des cahiers. Réécrire. Sous un ciel de novembre, un personnage du nom d'Antoine monte à bord d'un Airbus défraîchi en direction de Lisbonne. Suivant le trajet mythique des elétricos de la ville, notamment, celui de la ligne 28E, celui-ci va découvrir tout un monde dissimulé dans les replis des décors décatis de Lisbonne. En exil, l'écrivain va se laisser entraîner dans un périlleux road-movie non conventionnel. Vol DC-408 brosse le portrait poétique d'une ville livrée aux affres de la gentrification galopante et de l'invasion de l'industrie touristique. Entrez dans la ronde des cafés et des bars lisboètes, osez pénétrer les mystères de la folle déambulation d'Antoine et des loufoqueries éclairées des personnages felliniesque qui peuplent ce roman. Nicolas Chalifour est invité à Mission encre noire.

Extrait: « En effet, malgré une nausée interminable, une tête plombée, des poussée de fièvre et tous les accès de mélancolie hérités de cette virée, Antoine insiste sur le fait qu'il ne regrette absolument pas de s'être égaré dans la ville au cours de cette étrange nuit. Expliquant que , malgré les mois passés au loin, les bienfaits de la solitude et le temps que cette dernière a pu lu donner pour réfléchir, pour tenter de faire de l'ordre dans ce qu'il nomme le fouillis de sa tête et malgré, aussi, le relatif apaisement apporté par toutes ces semaines vécues ailleurs, entre les lignes du livre dont il vient de terminer l'écriture, il lui semble assez clair qu'il va toujours pas bien, certainement pas mieux qu'au moment où il a décidé de s'enfuir, de venir se terrer si loin de Montréal. »

Les limbes de Jean-Simon Desrochers paru en 2019 éditions Les Herbes Rouges/roman. Alma Meilleur meurt en couches dans les toilettes du 1441 Sainte-Élisabeth, un matin de septembre 1939, devant les yeux ébahis de la tenancière du lupanar, Rita Malarche. Michel Best en né. Best ? Car «c'est un nom d'homme, comme Gary Cooper ou Spencer Tracy.» Ti-Best va grandir en plein coeur du Red-Light, aux côtés de sa tralée de «mamans», de leurs protecteurs et des hommes de main de monsieur Santini. Il veut s'en sortir. On grandit vite dans les ruelles des quartiers chauds de la ville. Plus déterminé et brillant que les autres, Ti-Best va devenir policier puis enquêteur à la criminelle. Malgré tout, la réussite sociale, un mariage accompli, des amis fidèles, la solitude le guette. Traversant les années charnières de l'histoire du Québec, l'avènement du FLQ, le déclin de la religion, la création du RIN, le tournant historique de l'expo 67 et le référendum de 1980, Best se trouve en proie aux doutes et à l'anxiété. Une étrange tueuse en série, qui le connaît bien, lui file constamment entre les doigts. Comment s'amorce l'implacable mécanique de la vie d'une homme né dans un bordel ? Jean-Simon Desrochers concilie amour et souffrance pour nous raconter l'histoire douloureuse d'un homme de sa naissance à sa mort, condamné à vivre dans les limbes d'une ville qui oublie sans cesse, pour mieux reconstruire. Ti-Best a-t-il jamais existé vraiment ? Jean-Simon Desrochers est de visite à Mission encre noire.

Extrait: « L'été qui s'achève est le premier que Best a passé à jouer dehors, ne rentrant chez lui que pour boire de l'eau, manger une bouchée, chier, se laver, dormir. Avec la reprise de la business, le 1441 est revenu à la formule classique, n'en déplaise aux chauffeurs de taxi. Dans les rues, Best entend le bruit des bobépines frottées sur les persiennes des immeubles actifs, comme avant. Par moments, des cigales embarquent dans la mêlée sonore traversée de sons de moteurs, de klaxons lointains, de pétards qui éclatent, d'hommes et de femmes qui s'engueulent toutes fenêtres ouvertes, de chiens qui jappent, grognent, couinent. Des bruits que Best entendait de loin, les étés précédents, alors que cette fois, juché sur son vélo, il les vit, les traverse, y contribue, et franchement, c'est le bonheur.»