Mission encre noire Tome 27 Chapitre 323. À Côté de nous le déluge - La société d'externalisation et son prix de Stephan Lessenich préfacé par Arnaud Theurillat-Cloutier et traduit de l'allemand par Raymond Roy (avec la collaboration de Simon Lanctôt) paru en 2019 aux éditions Écosociété. Selon Oxfam, les 80 personnes les plus fortunées de la planète possèdent autant de ressources matérielles que la moitié de la population la plus démunie. Ces statistiques laissent à penser que le problème ne concerne qu'un cercle restreint de personnes richissimes. Or ce serait trop simple, malheureusement, les racines du  sont plus profondes. Déjà posséder et en vouloir plus, n'est pas réservé aux seules personnes d'une classe privilégiée, cela concerne un mode de vie, un ensemble d'états émotionnels qui guident des larges pans des sociétés riches de la planète. Oui, nous fermons les yeux sur des mécanismes de redistribution à notre seul profit depuis des lustres. Oui, vous, moi, toi. Nous, citoyens ordinaires, siégeons au sommet d'une pyramide au détriment des autres, nous vivons au-dessus des moyens des autres. L'objet percutant de ce livre est de nous dévoiler le concept d'externalisation, de déplier simplement, sous vos yeux ébahis un phénomène qui pourrait aisément se traduire par le bien nommé: Pas dans ma cour. Je ne donne pas cher de la saveur que prendra votre prochain café extrait d'une capsule après la lecture de cet essai saisissant. Un livre qui a marqué le fortement le débat en Allemagne dès sa parution.  Naître au nord constitue un privilège exclusif comme le souligne Arnaud Theurillat-Cloutier dans sa préface, il est notre invité, ce soir, à Mission encre noire.

Extrait: « Voilà la contradiction profonde de cette structuration sociale: il est impossible, dans cette société d'externalisation, de donner accès à tous au confort matériel des pays riches, car cela supposerait qu'il n'y ait plus d'extérieur où exploiter des travailleurs à la chaîne, où sous-traiter l'accueil des migrants, où ponctionner les sols pour en récolter le soja et l'huile de palme, où déverser les déchets électroniques. L'inégalité structurelle de la société d'externalisation en fait une société non universalisable. Cela permet d'ailleurs de comprendre combien cher vaut alors la citoyenneté d'un pays comme l'Allemagne, le Canada ou la France, parmi d'autres. Naître au Nord constitue un privilège exclusif: une espérance de vie plus élevée, un revenu plus élevé, un environnement plus sain et une liberté de circulation interdite à la plus grande partie de l'humanité.»

Bolivie: L'illusion écologiste de Dimitri de Boissieu paru en 2019 aux éditions Écosociété. Lorsque l'auteur, qui enquête pour des ONG de protection de la nature en 2001 et 2003, décide de revenir en Bolivie en 2015 pour témoigner de l'état du pays après l'accession au pouvoir du premier président indigène de l'histoire du pays, le visage et la parole d'Evo Morales s'affichent partout. Depuis plusieurs siècles l'économie du pays le plus pauvre d'Amérique latine est basée sur l'exploitation des matières premières. Peu de chefs d'État se sont engagés, comme le fait Evo Morales, depuis 2006, pour l'environnement. Valoriser les cultures ancestrales des peuples autochtones, viser le capitalisme comme le responsable principal du saccage de la planète font parti du discours engagé du parti, le MAS. Devenu, avec d'autres figures d'État de la région, les nouveaux champions d'une gauche plutôt moribonde en Europe, le projet sociétal d'Evo Morales intrigue. Pourquoi s'intéresser en particulier à la Bolivie ? Parce-qu'il s'y joue une tragédie qui nous concerne toutes et tous: un autre monde est-il possible ? Dimitri de Boissieu vous donne une chance inédite de vous immerger dans le passé récent de la Bolivie, sous la forme d'une balade érudite et richement documentée qui donne un éclairage insolite et exaltant sur les récents événements qui agitent le pays. Dimitri de Boissieu est notre invité à Mission encre noire.

Extrait: « Une intervenante française au colloque sur le changement climatique s'étonne de la présence de fast-foods Burger King bien en vue dans les artères de la capitale anti-impérialiste. Il est vrai que le départ de McDonald's de Bolivie avait fait couler beaucoup d'encre en 2002. Les médias alternatifs avaient salué la résistance du peuple bolivien à la malbouffe américaine. En fait, McDonald's est simplement parti du fait d'une piètre rentabilité de ses magasins sur le sol bolivien. La multinationale fut sans doute victime d'une forte concurrence. Les boliviens sont en effet friands de frites, hamburgers et autres poulets frits, préparés dans de petites cahutes de rue et dans de vastes fast-foods arborant de nombreuses enseignes colorées. Lorsque McDonalds s'en est allé, la chaine Burger King a immédiatement repris tous ses magasins. N'en déplaise aux altermondialistes européens, l'année 2015 voit finalement revenir McDonald's en Bolivie, au grand bonheur de la classe moyenne bolivienne.»