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Devant un parterre d’entrepreneurs et d’investisseurs, Emmanuel Macron s’est taillé un franc succès, lundi soir, avec une charge moqueuse à défaut d’être originale contre ces incurables écolos qui prétendent « relever la complexité des problèmes contemporains en revenant à la lampe à huile ! » « Oui, la France va prendre le tournant de la 5G », a-t-il ajouté, opposant ainsi une fin de non-recevoir à la Convention citoyenne et aux 70 élus de gauche et écologistes, dont Jean-Luc Mélenchon et Yannick Jadot, qui ont relancé cette demande de moratoire sur le déploiement de la 5G.

 

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Les entrepreneurs de la « French tech », eux, ne doutent pas. Ils attendent avec impatience la mise en œuvre d’une technologie qui permettra le déploiement des véhicules autonomes, de la « smart city » et de toute sorte d’objets connectés. Pour eux, il est évident que le calendrier prévu doit être tenu, avec une mise aux enchères des fréquences par l’État fin septembre pour une commercialisation fin 2020. Macron s’est donc employé à les rassurer : « Je ne crois pas que le modèle amish permette de régler les défis de l’écologie contemporaine », a-t-il blagué, assimilant ceux qui contestent le déploiement de la 5G à cette communauté religieuse américaine qui a choisi de vivre à l’écart du progrès. L’écologie contre le progrès, un credo martelé par la majorité comme par LR.

Se réclamant du pays « des Lumières » et de « l’innovation », il s’est fait fort de « tordre le cou à toutes les fausses idées » dans un « débat éclairé » qui permettra de répondre à ces « peurs » qu’il faut, selon lui, « regarder en face ».

La résistance au développement d’une technologie accusée d’être énergivore tout en favorisant une généralisation du contrôle social est portée par les écologistes comme par les insoumis et une partie des socialistes. La 5G est donc loin de faire l’unanimité. François Miquet-Marty, président de l’institut Viavoice, souligne que cette opinion est très partagée : 27 % des Français voient en la 5G « plutôt une source d’espoirs » et 29 % « plutôt une source de craintes ».

Assez logiquement, les 150 Français tirés au sort pour constituer la Convention citoyenne pour le climat se sont fait l’écho de cette méfiance. Parmi les 146 propositions qu’ils ont mises sur la table figure la demande d’un moratoire « en attendant les résultats de l’évaluation de la 5G sur la santé et le climat ». Ladite évaluation est attendue pour l’année prochaine. Le 29 juin, dans sa longue réponse aux 150 conventionnels réunis à l’Élysée, Macron a annoncé qu’il retenait les 146 propositions, « à l’exception de trois d’entre elles » : la limitation de vitesse à 110km/h sur l’autoroute, la taxe sur les dividendes et la réécriture du préambule de la Constitution. Pas un mot, alors, sur la 5G.

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Le sécrétaire d’État chargé de la Transition numérique, Cédric O, lui, n’a pas l’ombre d’un doute. La 5G « permettra d’éviter la saturation des réseaux 4G en déployant des équipements significativement plus respectueux de l’environnement ». Ce serait même « une opportunité extraordinaire pour la transition écologique », grâce aux gains de consommation que permet l’internet des objets (la capacité de connecter le monde numérique au monde physique à une très grande échelle).

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