Alasdair Macleod: « Il est de plus en plus clair que l’Eurosystème est en grande difficulté, rattrapé par l’envolée de l’inflation dans les prix à la consommation. La hausse des taux d’intérêt, qui ne fait que commencer, sapera le bilan des banques commerciales de la zone euro, car elles obtiennent une grande partie de leurs liquidités en empruntant sur le marché interbancaire. Les déséquilibres de la balance TARGET2 menacent de faire effondrer le système de l’intérieur à mesure que l’environnement des taux d’intérêt change. La BCE et son réseau de banques centrales nationales sont tous confrontés à des pertes croissantes sur leurs obligations, que j’ai estimées plus tôt ce mois-ci à environ 750 milliards d’euros, soit près de sept fois les fonds propres combinés du bilan de l’eurosystème.

Non seulement l’ensemble de l’eurosystème a besoin d’être refinancé, mais c’est à un moment où les G-SIB(Banques globales systémiques) de la zone euro sont encore plus endettées que les trois grandes banques britanniques. Le tableau ci-dessous relate ce que je viens de vous expliquer.

Avec des ratios moyens actifs sur fonds propres des G-SIB(Banques globales systémiques) de la zone euro supérieurs à 20, ces banques globales systémiques de la zone euro font partie de l’un des deux réseaux les plus endettés du secteur bancaire mondial, l’autre étant celui du Japon. Le facteur commun sont les taux d’intérêt négatifs imposés par leurs propres banques centrales. La conséquence a été de comprimer les marges de crédit dans la mesure où le seul moyen pour les banques de maintenir des niveaux de profit est d’augmenter l’endettement opérationnel. De plus, un effet de levier moyen au bilan supérieur à 20 fois décuple les risques systémiques. Les problèmes bancaires viennent de celles qui sont extrêmes en termes de risques, et on peut voir qu’à 27 fois, le Groupe Crédit Agricole est l’une des banques la plus à risque de cette liste. Et nous ne voyons pas toutes les autres banques de la zone euro négocier à l’international et qui ne figurent pas sur cette liste G-SIB(Banques globales systémiques), dont certaines sont susceptibles d’être exposées de la même manière.

… Les défaillances des contreparties contamineront systématiquement tous les participants, traitant non seulement en euros mais également dans toutes les autres principales devises réglées à Londres. Les dommages s’étendront certainement aux marchés des changes et du crédit, y compris tous les dérivés de gré à gré qui font partie intégralement des mécanismes de compensation bancaire.

Au dernier tournant du cycle des prêts bancaires, c’est la titrisation de prêts pourris(subprimes) aux États-Unis qui avait conduit à ce que l’on appelle communément la Grande Crise Financière. C’est un terme que j’ai rarement utilisé, préférant l’appeler la crise Lehman parce que je savais, comme bien d’autres, que la non-résolution des excès de l’époque finirait par engendrer une crise encore plus grande à l’avenir. Nous pouvons maintenant commencer à voir comment cela se manifestera. Et cette fois, elle semble être centré sur Londres en tant que centre financier plutôt que sur New York.

Nous devons espérer qu’un effondrement de l’eurosystème ne se produise pas, mais de plus en plus de faits nous montrent que cela finira par se produire. La rangée de dominos qui tombe pointe tous en direction de Londres, et cela pourrait même se produire avant que les membres du Parti conservateur aient voté pour Truss ou Sunak début septembre.

Sur les conseils de la Banque des règlements internationaux, suite à la crise de Lehman, les États membres du G20 avaient convenu de rendre obligatoire les bail-in(Renflouement interne: permet à une banque de faire participer les créanciers: actionnaires, clients, etc… à la place des bail-out(Renflouement externe: l’état vient à la rescousse). Il s’agissait d’une décision politiquement motivée, alimentée par la conviction que le renflouement des banques se fait aux dépens des contribuables. En fait, les sauvetages bancaires sont financés par les banques centrales, à la fois directement et indirectement. La seule implication des contribuables se fait marginalement par le biais de leur épargne agrégée dans les fonds de pension et les compagnies d’assurance. Mais ces fonds ont été surcompensés par des liquidités supplémentaires grâce à l’assouplissement quantitatif(planche à billets). La piste d’audit conduit à chaque fois à une expansion de la monnaie et du crédit, et non aux impôts comme l’implique l’expression «responsabilités du contribuable».

Tous les pays du G20 ont adopté une législation autorisant les procédures de renflouement interne(Bail-in). Dans le cas de la Banque d’Angleterre, elle conserve le pouvoir discrétionnaire de déterminer dans quelle mesure le renflouement interne, par opposition à d’autres méthodes de sauvetage, pourrait être utilisé. Quant aux spécificités des autres membres du G20, on ne sait pas dans quelle mesure ils ont conservé cette flexibilité au niveau du renflouement interne. Et cela pourrait être une confusion supplémentaire susceptible de compliquer un sauvetage bancaire mondial, par rapport aux procédures de sauvetage précédemment acceptées.

En théorie, un bail-in réaffecte les passifs d’une banque de dépôts et de prêts au capital des actionnaires – à l’exception, peut-être, des petits déposants couverts par des systèmes de garantie des dépôts. Mais même cela reste à la discrétion des autorités.

Cet objectif ne peut avoir de sens que pour une seule banque, par opposition aux défaillances systémiques. Mais si elle devait être appliquée à une faillite bancaire individuelle dans la situation instable actuelle, elle fragiliserait presque certainement d’autres banques, car les prêts bancaires et autres participations autres que du capital seraient généralement liquidés, et les dépôts fuiraient vers des banques jugées plus sûres avec la panique s’installant. Le risque est que les procédures de bail-in déclenchent une défaillance de l’ensemble du système, en particulier des banques notées par le marché avec des décotes substantielles par rapport à la valeur comptable.

Même en supposant que les procédures de renflouement interne(Bail-in) de la Banque soient exclues pour faire face à une crise bancaire systémique, le maintien des banques en activité nécessitera une expansion massive du crédit de la Banque d’Angleterre. En effet, la banque centrale finira par assumer les obligations de l’ensemble du système bancaire. Avec Londres au centre d’une crise bancaire mondiale, toutes les autres grandes banques centrales dont les réseaux bancaires et monétaires qui y sont exposés doivent être prêtes à assumer également toutes leurs obligations bancaires commerciales.

… La tâche n’est pas impossible. Les monnaies s’étaient complètement effondrées auparavant et les nations ont survécu. Au lieu de se limiter à une ou à un groupe de nations, la crise imminente menace de détruire ce que nous avions l’habitude d’appeler les économies développées dans leur intégralité, ce sera donc une crise plus importante. Heureusement pour la Grande-Bretagne, ses citoyens sont moins susceptibles de se révolter que leurs cousins ​​continentaux. Mais en guise d’échauffement pour l’événement principal, notre nouveau premier ministre devra naviguer à travers un mécontentement croissant provoqué par la hausse des prix, les grèves et toutes les autres formes de problèmes économiques qui avaient porté Margaret Thatcher au pouvoir il y a près de 40 ans.

Source: kingworldnews

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