par Franck Pengam.

La politique monétaire c’est la stratégie de la Banque centrale pour influencer ou orienter l’activité économique. Principalement fondée sur la manipulation de la masse monétaire en circulation, elle peut prendre diverses formes. La Banque centrale peut mettre en œuvre une politique monétaire expansionniste ou restrictive en fonction des réalités économiques et des objectifs. Dans cet article, nous allons nous focaliser sur la politique monétaire expansionniste, qui est généralement mise en œuvre pour lutter contre l’inflation. Lisez plutôt.

Qu’est-ce qu’une politique monétaire expansionniste ?

Construite sur la base d’objectifs macroéconomique, la politique monétaire expansionniste est un plan d’action destiné à relancer l’activité économique d’un pays ou d’une zone économique. Elle consiste à accroître la masse monétaire d’un pays en période de récession économique ou en début de reprise économique. Elle est généralement déployée par la Banque centrale ou toute autre autorité compétente.

Quels en sont les instruments ?

La politique monétaire expansionniste est l’œuvre de la Banque centrale. Celle-ci emploie trois différents instruments pour déployer sa politique.

Les facilités permanentes

Les facilités permanentes sont les premiers instruments de la politique monétaire expansionniste. Elles permettent de procurer ou de retirer des liquidités aux banques commerciales. Elles sont constituées des facilités de prêt marginal et des facilités de dépôts accordées par la Banque centrale. Le principal axe d’intervention sur lequel la politique monétaire expansionniste se positionne, c’est surtout la maîtrise des taux directeurs par la Banque centrale. Cette dernière baisse les taux directeurs, dans le but d’encourager les ménages et les entreprises à prendre plus de crédits. Attirés par des conditions d’obtention de crédit plus favorables, ces agents économiques se ruent vers les banques afin d’accroître leur trésorerie dans un contexte économique serré.

Cette mesure conduit naturellement à une augmentation de la consommation et de l’investissement, ce qui donne un souffle nouveau à la croissance économique. On notera donc qu’il s’agit là d’une mesure de politique monétaire conventionnelle.

Les opérations d’open market

En dehors des mesures de politique monétaire conventionnelle. Il existe aussi des mesures de politiques monétaires non conventionnelles. Quelles sont-elles ? De leur nombre sont les opérations d’open market, notamment le quantitative easing. Pour ceux qui relèvent déjà leurs sourcils, sachez que ce n’est rien de sorcier. On peut aussi appeler ça le phénomène de planche à billets. Cette mesure consiste en l’achat sur le marché interbancaire, d’une quantité massive de titres. Ceux-ci comprennent les bons de trésor, des actifs adossés à des créances douteuses, etc.

Le but de cette mesure, on s’en doute, c’est d’injecter de l’argent, des liquidités dans l’économie pour favoriser sa relance. En effet, par cet achat massif de titres, la Banque centrale permet aux banques commerciales d’assainir leur bilan et de libérer des titres qu’elles ne souhaitent plus avoir dans leur portefeuille. Une fois que les banques commerciales ont échangé des titres en grand nombre contre des liquidités, elles deviennent plus aptes à accorder des crédits aux ménages et aux entreprises. Cette stratégie d’augmentation de la masse monétaire insuffle donc de la vitalité à l’économie qui remonte la pente.

Les réserves obligatoires des banques commerciales à la Banque centrale

La Banque centrale peut aussi utiliser les réserves obligatoires des banques commerciales pour déployer sa politique monétaire expansionniste. En effet, chaque commerciale détient un compte ouvert dans les livres de la Banque centrale. Dans ces comptes, elles déposent des réserves dont le montant est déterminé en fonction de leur bilan. En agissant sur les réserves obligatoires, la Banque centrale peut réussir à stabiliser les taux d’intérêt et à accroître la demande de monnaie. Cette mesure renforce la capacité des banques commerciales à résister efficacement aux variations rapides caractérisant les marchés monétaires sur lesquelles elles se prêtent des liquidités mutuellement.

La politique monétaire expansionniste peut-elle échouer ?

L’économie n’est pas une science précise et parfaite. C’est une manière atténuée de vous annoncer que les politiques monétaires expansionnistes ne réussissent pas forcément. Tout dépend de l’objectif en fait.

Quand la Banque centrale est contrainte de poursuivre sa politique monétaire expansionniste

En dépit des mesures mises en œuvre, l’activité économique peut quand même peiner à décoller. Cependant, bien que les banques commerciales semblent ne pas vraiment vouloir accorder plus de crédit aux agents économiques. Ainsi, la masse monétaire augmente et les taux directeurs de la Banque centrale ont baissé, mais les agents économiques vont continuer de traîner leur déficit de trésorerie. La conséquence d’un tel état de choses est prévisible. L’économie passe sous perfusion en continu. En effet, la Banque centrale se trouve obligée de mettre en œuvre sa politique monétaire expansionniste de manière discontinue. Elle n’a pas d’autres alternatives parce que si elle s’arrête, l’économie risque d’aborder une phase de récession chronique.

Quand l’augmentation de la masse monétaire accroît le taux d’inflation

Comme vous l’aurez compris, la politique monétaire expansionniste ne provoque pas toujours la croissance économique. Par défaut, la politique et la réalité économique ne vont pas toujours de pair. La première ne réussit pas toujours à contrôler la deuxième. D’autre part, les effets des politiques monétaires ne sont pas toujours immédiats. Et pour cause, la croissance économique est souvent liée à d’autres variables et à d’autres facteurs qui y exercent un effet secondaire certes, mais réel. Voilà pourquoi, la politique monétaire expansionniste peut provoquer un résultat contraire aux espérances. Elle provoque l’apparition de l’inflation. En effet, plus il y a d’argent en circulation, plus les prix des biens augmentent pour équilibrer. Dès que les prix augmentent, les salaires et les revenus ont tendance à augmenter.

Plus ces revenus augmentent, augmentant le pouvoir d’achat, plus les prix augmentent à nouveau. On assiste donc à l’apparition d’une spirale qui tourne et tourne, plongeant l’économie dans une situation telle que les épargnants, les retraités, les ménages à faibles revenus commencent à s’appauvrir sérieusement. Pour ceux qui n’ont pas un patrimoine ou une épargne déjà en place, la situation peut être encore plus grave. Ils deviennent beaucoup plus vulnérables, ce qui creuse le fossé entre les classes sociales, renforçant les inégalités sociales. Il faut donc de la méthode et de la précision pour mener une politique monétaire expansionniste qui réussit.

source : Géopolitique Profonde

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