Douze ans sans eau courante. C’est la situation vécue par une mère de famille de Perpignan, dans les Pyrénées-Orientales, selon les informations recueillies par franceinfo et France Bleu Roussillon, jeudi 8 mars. Devant l’impossibilité de régler une facture d’eau de 300 euros, le robinet du domicile de cette cliente a été coupé par son fournisseur d’eau, la Saur. L’entreprise vient d’être condamnée, le 15 janvier, par le tribunal de grande instance de Nanterre (Hauts-de-Seine), à rétablir le branchement en eau. Elle devra en outre verser 1 000 euros à chacune des deux associations qui ont défendu la mère de famille : France Libertés et la Coordination Eau Île-de-France. Ce n’est pas la première fois pour la Saur.

Impossibilité de solder sa dette

L’histoire commence en 2005. Cette Perpignanaise, qui élève seule son fils d’une dizaine d’années, se trouve dans l’impossibilité de solder une facture d’eau de 300 euros. La Saur décide alors de lui couper purement et simplement l’eau. En situation de précarité, la jeune femme ne peut faire face à une situation devenue inconfortable. Ne pouvant pas régler sa dette, elle accepte alors un branchement sauvage pour vivre dignement.

En 2013, la Saur condamne le branchement pirate et porte plainte pour vol d’eau. La loi Brottes, interdisant les coupures d’eau, vient pourtant d’entrer en vigueur, mais la Saur maintient la coupure d’eau. Une médiation est bien tentée par France Libertés et la Coordination Eau Île-de-France. Malheureusement, elle est refusée par la multinationale. Selon l’entreprise, elle se « conforme » à la loi et met en avant que « le droit du contrat » prévaut. Un argument déjà rejeté par le Conseil constitutionnel devant lequel la Saur avait porté les mêmes arguments en 2015. Le Conseil avait alors établi que l’interdiction des coupures d’eau est conforme à la Constitution.

Au quotidien, une coupure d’eau « cela vous perturbe au niveau de l’image que vous avez de vous-même », témoigne celle qu’on appellera Danielle, au micro de France Bleu Roussillon.

« Vous vous sentez inférieure aux autres », explique la Perpignanaise. Trouver de l’eau « devient une obsession. On ne pense qu’à cela. Il faut chercher de l’eau au quotidien c’est difficile, raconte-t-elle. Pour se laver, il faut chauffer l’eau. Le pire c’est les toilettes. Vous ne pouvez pas faire venir des gens chez vous ».

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Pour autant, le conflit entre la Saur et Danielle continue. Le groupe l’accuse d’avoir installé pendant toutes ces années une connexion illégale sur le réseau d’eau. Condamnée à trois mois de prison pour vol d’eau, elle a fait appel du jugement. Le cas de la Perpignanaise fera l’objet d’un reportage de l’émission Cash Investigation qui sera diffusée sur France 2, mardi 13 mars à 20h45.

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Pour information, voici le prix moyen du m3 dans les pays européens :

France Eau Publique défend une gestion publique de l’eau, alors que 70% des Français dépendent des trois principales multinationales en la matière : Suez, Veolia et la Saur.

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