durée : 00:58:11 - Open jazz - par : Alex Dutilh - ## Au sommaire aujourd'hui

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En 2014, des dizaines de musiciens, des centaines de journalistes et des milliers de fans ont pleuré la mort de la légende du jazz vocal : Jimmy Scott. Si son nom a toujours été associé à celui de Billie Holiday, Charlie Parker ou Lionel Hampton, c’est seulement au moment de sa disparition qu’il bénéficiera d’une renommée justement méritée, malheureusement tardive. Cette reconnaissance populaire lui a toujours fait défaut au cours de sa longue et tumultueuse vie.

La réputation de “Little Jimmie” Scott s’était essentiellement construite sur deux albums : “Falling In Love Is Wonderful” en 1962, célèbre car produit par Ray Charles, et “The Source” en 1969 (sur Atlantic) – deux disques qui pour des raisons contractuelles ne resteront que très peu de temps dans les bacs, nuisant ainsi à sa carrière, avant d’être réédités quelques décennies plus tard.

Album posthume, « I Go Back Home » regroupe les derniers enregistrements de Jimmy Scott. Pour cet ultime tour de piste, Little Jimmy s’est offert un casting de luxe mettant en valeur son style vocal inimitable. Piloté par le producteur allemand Ralf Kemper, mixé par le grand Phil Ramone (Aretha Franklin, Frank Sinatra, Getz/Gilberto, etc.) avant sa mort, sa voix d’ange au phrasé unique est soutenue par des rythmes alanguis et une instrumentation riche. Jimmy Scott revisite ses chansons préférées, des classiques qu’il imprègne émotionnellement de son vécu. À la manière d’Aretha Franklin s’appropriant Respect de Otis Redding, Jimmy Scott s’empare de Sometimes I Feel Like A Motherless Child pour nous faire oublier les différentes versions existantes, y compris la sienne datant de 1969 (sur l’album “The Source”).

Everybody’s Somebody’s Fool aura été sa seule chanson classée dans un top 10, en 1950, alors qu’il était le leader vocal de Lionel Hampton and His Orchestra. En la revisitant plus de 50 ans après, l’interaction entre le saxophone de James Moody et la voix de Scott ne la rend que plus poignante, puissante, la sagesse ayant remplacé le chagrin de jeunesse dans l’interprétation. Sur How Deep Is The Ocean, quintessence de son album “Falling In Love Is Wonderful”, il explore une direction musicale nouvelle, accompagné par une guitare acoustique enjouée.

Sur une majeure partie du disque, Scott est habilement soutenu par Peter Erskine, batteur du groupe Weather Report, le pianiste Kenny Barron (Stan Getz, Dizzy Gillespie, Yusef Lateef, Freddie Hubbard, etc.) et l’organiste et trompettiste Joey DeFrancesco (Grover Washington Jr., Miles Davis, John McLaughlin, etc.). Barron sert un solo touchant sur How Deep Is The Ocean tandis que DeFrancesco nous envoûte dans son interaction avec Scott sur Motherless Child.

La conception de « I Go Back Home » a fait l’objet d’un documentaire du même nom, acclamé lors des avant-premières, notamment au Montreux Jazz Festival en juillet dernier. Il dépeint cette volonté du producteur Ralf Kemper de travailler avec Jimmy et de lui offrir le meilleur album possible. Le film relate les coulisses du projet, le défi et les sacrifices qu’ont représentés ces sessions d’enregistrement. Après avoir connu de nombreuses mésaventures avec ses maisons de disques, bridant ses choix artistiques et l’empêchant d’atteindre la reconnaissance qu’il aurait méritée, Jimmy Scott a enfin eu les cartes en main pour sélectionner les chansons qui lui tenaient à coeur, et surtout les musiciens pour l’accompagner.

Documentaire à paraître.

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Programmation musicale

Jimmy Scott « I Go Back Home »

Sometimes I Feel Like A Motherless Child (Trad)

Eden River ERR-CD-01

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Jimmy Scott « I Go Back Home »

How Deep Is The Ocean (Irving Berlin)

Eden River ERR-CD-01

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Lionel Hampton « Ridin' On The L an N »

Everybody's Somebody's Fool (Gladys Hampton, Regina and Ace Adams)

Affinity 1037

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Angelo Badalamenti « Twin Peaks, Fire Walk With Me »

Sycamore Trees (David Lynch, Angelo Badalamenti)

Warner 945019-2

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Jay Jay Johnson « First Place »

Nickels and Dimes (Jay Jay Johnson)

Columbia 1030

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Marquis Hill, Jeff Parker, Joachim Florent, Denis Fournier « Escape Lane »

Le sel de la situation (Marquis Hill, Jeff Parker, Joachim Florent, Denis Fournier)

The Bridge #6

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Marcel Azzola « Trois temps pour bien faire »

Trois temps pour bien faire (Marc Fosset)

Chant du Monde 2741287

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Dave Douglas « New Sanctuary »

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Guilhem Flouzat « Portraits »

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Sunnyside 1398

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Yom « Le Silence de l'exode / Back to the Klezmer »

Al Chomotayich (Yom)

La Huit 3760123579780

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Benedikt Jahnel « The Invariant »

The Circuit (Benedikt Jahnel)

ECM 2523

{% image 5b3f6c94-9da6-4cbd-83c9-8bd149c8fc3d %} - réalisé par : Fabien Fleurat