Né à Arles en 1987, Julien Brocal s'assied au piano dès l'âge de 5 ans.

Il fréquente ensuite le Conservatoire de Marseille où il travaille avec Erik Berchot. Sa route le conduit ensuite à l'Ecole Normale de Musique de Paris Alfred Cortot, où il étudie avec Rena Shereshevskaya.

"Je ne suis pas du tout né dans un milieu musical classique", nous confiera Julien Brocal. "Ma mère est fan de Johnny Hallyday, et mon père adore les grands classiques du rock. Quant à mes frères, ils montaient des groupes de rock, et écoutaient plutôt Nirvana, que Chopin. Chez nous, pas la moindre trace d'une discothèque classique. Et c'est en fait par la télévision que j'ai découvert le répertoire classique ! "

En 2013, Julien Brocal croise la route de la grande soliste et pédagogue Maria Joao Pires. Elle l'invite à travailler à ses côtés, à la Chapelle Musicale Reine Elisabeth. C'est suite à cette rencontre que le pianiste français s'installe à Bruxelles.

Une rencontre qui transformera sa vie de pianiste et d'artiste. Car travailler avec la grande pianiste portugaise, c'est bien davantage qu'étudier le piano. Il s'agit de penser la musique dans sa globalité, dans son rapport au monde, dans l'interaction que les artistes peuvent créer avec public. Dans la nécessité d'un partage dont tout le monde sort gagnant, et nourri durablement.

Il y a près de 2 ans, Julien acquiert un grand atelier dans quartier Sainte Catherine à Bruxelles. Il y installe son piano, et naît alors l'idée d'un Jardin musical. Un lieu de partage où l'on invite des artistes à se produire, dans le souhait d'ouvrir le répertoire à des formes de création les plus ouvertes possibles. Un jardin qu'il qualifie très joliment d'écosystème créatif.

En mars dernier, alors que le confinement se fait réalité, Julien Brocal décide de ne pas rester les bras croisés.

Et ce qui était encore un projet en gestation se fait réalité : Sentant le spectacle vivant en danger, il crée une chaîne de solidarité entre les artistes, en organisant tous les dimanches à 18h, des concerts sans public, retransmis en direct sur le net : le Jardin musical était né !

L'aventure a débuté le 3 mai, et se poursuit jusqu'au 26 juillet 2020.

Via le site https://www.jardinmusical.org, le public est invité à soutenir les artistes à la hauteur de ses moyens.

"En très peu ce temps", nous expliquera Julien, " Il nous a fallu apprendre à filmer, faire de la prise de son, du montage vidéo, gérer la logistique administrative... Mais, j'ai aussi pu compter sur le soutien de nombreuses personnes, comme par exemple l'ingénieure du son Aline Blondiau, qui nous a aidé au début, et nous a prêté des micros pour enregistrer nos concerts. "

"A terme, j'ai bien sûr le souhait d'ouvrir ce lieu au public ", nous dira Julien Brocal. A noter que tous les concerts peuvent être revus, via le salon virtuel du jardin musical.

Ce dimanche 21 juin, à l'occasion de la Fête de la Musique, Julien Brocal a imaginé 6 concerts, dont le 1er débute à 18h : allant de Schubert au minimalisme américain, en passant par du jazz oriental.

Parallèlement à cette activité qui mobilise ce jeune artiste de 7h du matin, jusque tard dans la soirée, Julien Brocal est avant tout un pianiste, dans la plus pure et noble tradition classique, qui consiste à jouer, et à explorer le grand répertoire.

En 2017, il enregistrait ainsi son 1er disque, qu'il consacrait aux 24 Préludes, et à la Sonate funèbre de Chopin. L'année suivante, il publiait "Reflections", qu'il consacrait à Ravel et Mompou. Deux productions parues, chez Rubicon Classics.

On y découvre un artiste inspiré et serein. Sa sonorité généreuse et profonde est à l'image de l'homme qu'il est.

Julien Brocal : une personnalité attachante et rare. Un artiste tourné vers l'Autre, à découvrir sans délai.

Réalisation et présentation : Laurent GRAULUS