Posté le 5 mai 2015.

Nous y voila ! Après plus d’une année d’un blocage administratif et politique, une issue se profile :
la convention tripartite par laquelle l’État et la Ville de Genève soutiennent la programmation du Théâtre de L’Usine a enfin été ratifiée par le Conseil d’État qui s’y opposait depuis plusieurs mois.
Parallèlement, les dons de la Loterie Romande cesseront d’être bloqués pour quiconque a un lien avec L’Usine. Et un accord lié à l’obtention des autorisations d’exploiter a été trouvé !

Ces multiples blocages étatiques étaient survenus suite à un changement de pratique du Service du Commerce. En se fondant sur les mêmes lois qui avaient permis à L’Usine de fonctionner dès ses débuts avec deux autorisations (l’une pour les activités culturelles, l’autre pour les débits de boissons), le Service du Commerce prétendait que l’Usine devait désormais multiplier par cinq ces autorisations (5 pour ses activités culturelles et 5 pour les buvettes accessoires à ses spectacles.)
Durant 4 ans, L’Usine a revendiqué l’obtention d’une autorisation unique pour l’ensemble de ses événements ainsi qu’une autorisation unique pour l’ensemble de ses buvettes. Rien ne justifiait en effet que l’on mette en discussion le status quo qui durait depuis plus de 20 ans et qui s’accordait avec la proposition socio-culturelle qu’est l’Usine, proposition basée sur des valeurs telle que la pluridisciplinarité, le refus d’une hiérarchie entre les individus et les domaines/artistiques, le refus du profit comme but en soi, ainsi que la porosité des publics et des disciplines.

Menacée de fermeture administrative par le Service du Commerce en 2014, L’Usine s’est mobilisée afin de trouver une issue à cette impasse administrative et a sollicité le magistrat en charge du DSE à plusieurs reprises. Il a fallu attendre un an pour qu’une rencontre soit finalement organisée. Cette rencontre a d’ailleurs été soumise à des conditions que L’Usine a remplies, dans une énième démonstration de sa volonté de trouver une issue positive à cette absurde impasse administrative. En effet, c’est afin de pouvoir imposer les nouvelles exigence du Scom à L’Usine que Mr Maudet a multiplié les pressions mettant en péril les activités culturelles de L’Usine ainsi que de nombreux emplois.

Le 17 avril dernier, des représentant-e-s de L’Usine ont rencontré Mr Maudet et Mme Emery Torracinta. Cette rencontre a débouché sur un accord entre les parties, une entente qui permet à L’Usine de poursuivre ses activités dans un cadre légal. L’Usine a obtenu que le régime des deux autorisations (activités culturelles et débits de boissons) soit provisoirement maintenu jusqu’à l’entrée en vigueur de la nouvelle loi sur la restauration, les débits de boissons, l’hébergement et les divertissements (LRDBHD). Ensuite, elle devra demander 5 autorisations distinctes pour l’exploitation des ses cinq buvettes. L’Usine sera reconnue en tant que lieu à vocation culturelle, au sens de la LRDBHD, et à ce titre est exemptée d’autorisation pour sa programmation régulière et ordinaire.
L’Usine a donc dit oui à Mr. Maudet ; Un oui de dépit. Les membres de L’Usine regrettent que ni le DSE ni le DIP ne comprennent la dimension unitaire de L’Usine, sa particularité et son importance, contrairement au milieux culturels qui ont manifesté leur soutien.

Cependant, L’Usine fera en sorte que ce découpage administratif imposé par le Canton n’affecte ni la cohésion ni l’unité au cœur de sa proposition. La solidarité de l’Usine a d’ailleurs été démontrée lors du rdv de ses représentant-e-s avec les conseiller-ères d’État, par la présence pacifique de dizaines de ses membres place de la Taconnereie, devant les bureaux du DSE. L’Usine tient à remercier ces personnes venues nombreuses exprimer leur inquiétudes et leur soutien. Elle déplore dans la foulée que certains de ses membres aient été contrôlées par les forces de polices. Ces membres ont été qualifiés à tort de “responsables” hiérarchiques. Pour rappel, l’Usine revendique l’autogestion et une responsabilité collective, sa structure s’affranchit des notions de hiérarchie ou de subordination.

L’Usine sera par ailleurs entendue dans le cadre de la rédaction du règlement d’application de la LRDBHD. C’est pour nous la continuité du travail fourni avec l’UECA sur la rédaction du texte de loi. L’Usine continuera à défendre la gestion associative et collective, pour elle et pour un tissu associatif et culturel qu’il faut préserver. Espérons que les remarques formulées seront mieux prises en compte que jusqu’à présent !

L’Usine.