Embarquement avec un ovni au son de la bossa de Salvador de Bahia au Brésil, mais à Praia au Cap Vert. C’est le second volet de notre série de reportages consacrés aux artistes qui ont participé, la semaine passée à l’Atlantic Music Expo, premier grand festival de musique après deux ans de pandémie et de silence. Cet événement vise à mettre en avant des musiciens de tout l’arc Atlantique.

Couronne scintillante, costume élégant, chaussures extravagantes, Bruno Capinan pourrait être le personnage d’un film de science-fiction tournée dans une autre galaxie,mais c’est avant tout une sacrée voix.

« Mes premiers souvenirs, ce sont les disques vinyles de mes parents.Et puis le déclencheur c’est Olodum, un groupe afro, Yoruba de Salvador de Bahia », explique-t-il.

Né à Salvador de Bahia, la plus africaine des villes du Brésil, le chanteur approche la quarantaine. Être Noir, descendant d’esclave dans un Brésil de plus en plus divisé. Être obligé de baisser les yeux lorsque l’on croise la police. Bruno Capinan reste mobilisé et appelle la jeune génération à ne rien lâcher.
Transcender la violence
« Si tu es pauvre, demande-toi pourquoi ? Ce n’est pas de ta faute. Il y a beaucoup d’hommes blancs riches dans le monde. Je pense que beaucoup de problèmes au Brésil, au Cap Vert, en Afrique viennent du fait que l’on prend, on prend, on prend. Ce n’est pas ta vérité alors essaye de te frayer un chemin », assène-t-il.

Comment transcender la violence, celle infligée aux esclaves pour essayer de prendre un nouvel envol. C’est le thème de cette chanson « Do mais secreto dejeso », « Mon désir le plus secret ».

C’est le premier voyage de Bruno Capinan au Cap Vert. S’il en connait la force, la créolité, le musicien a aussi pris une claque et retrouver aussi, un peu d’espoir.

« C’est vrai qu’ici il y a de la pauvreté mais j’ai aussi pu voir comment les noirs sont fiers et marchent la tête haute. Ça m’aide à comprendre ce qu’il nous manque au Brésil. Être ici ça me donne de l’énergie et de l’espoir », conclue le musicien.