À l'occasion de la COP26 à Glasgow, l'Afrique du Sud cherchera des financements pour fermer ses centrales à charbon et basculer vers une production énergétique plus propre. En plus de favoriser le réchauffement climatique, l'exploitation et la combustion du charbon menacent la santé des populations qui vivent à proximité des mines et des centrales.

De notre correspondant à Johannesburg,

Deux petites filles, deux asthmatiques, diagnostiquées après la naissance. Pour leur mère, Mbali Mathebula, les responsables sont tout autour du township de Kwa-Guqa. « Je pense que c’est à cause de la pollution de l’air, parce que c’est très sale. C’est à cause des mines. Parce que quand on change de province, ma fille se sent mieux », explique-t-elle.

En cas de crise d’asthme, Mbali Mathebula peut brancher le petit respirateur électrique qu’on lui a donné pour soulager ses filles. « L’appareil fonctionne, mais en vrai, c’est souvent inutile, car on peut rester une semaine, voire deux mois sans électricité », déplore-t-elle.

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Les inconvénients des centrales sans les avantages
Vivre à côté d’une centrale électrique ne vous garantit pas l’accès au courant dans les townships. Les habitants ont le sentiment de subir tous les inconvénients de ce voisinage sans en obtenir aucun avantage. « Je suis très, très, en colère, parce qu’ils ne font rien pour nous, ils n’aident pas la communauté. Donc, je ne vois rien de bon dans les mines, elles sont seulement ici pour tout détruire », affirme Mbali Mathebula.

Direction le township de Phola et sa clinique. Ici, les patients font régulièrement état de problèmes respiratoires, confirme Thabile Masemula, infirmière. « La plupart ont de l’asthme, des douleurs à la poitrine, des difficultés à respirer. C’est encore plus vrai chez les enfants qui ont des problèmes de congestion nasale, des éternuements, ce qui peut être lié à l’air de Phola qui est chargé en poussières », déclare la professionnelle de santé.
Le gouvernement attaqué par les ONG
Les habitants se plaignent surtout des poussières rejetées par les mines. Elles se mêlent aux dioxydes de soufre, un gaz toxique émis en quantité excessive par les centrales à charbon sud-africaines. Plusieurs ONG attaquent le gouvernement en justice.

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Elles estiment que le droit constitutionnel à un environnement sain a été bafoué, détaille Promise Mabilo de l’ONG Vejma. « Notre terre est contaminée, notre eau est contaminée, il n’y a rien de bon ou sain dans notre environnement », se désole Promise Mabilo. Épuisée par un combat sans fin, elle fond en larmes. « J’ai vu tellement d’enfants souffrir... Quand je parle de ce problème, je deviens émotive, je n’arrive pas vraiment à encaisser. »

À quelques kilomètres, la centrale à charbon de Kusile, l’une des plus grandes au monde, est en cours de construction. Issue à 80 % du charbon, la production électrique de l’Afrique du Sud est la plus polluante au monde, selon une récente étude du Centre pour la recherche sur l’énergie et l’air pur (CREA).