Maurice n’attend plus que les premières images de son nanosatellite, le MIR SAT-1. L’engin spatial, lancé le 3 juin, tourne en orbite basse autour de la Terre. C’est une première pour le pays qui veut se doter de plus grands moyens d’observation et de surveillance de son territoire. 

De notre correspondant à Port-Louis, 

Lancé par Space X en Floride le 3 juin, le MIR SAT-1 a été mis en orbite 10 jours plus tard par la Station spatiale internationale. Depuis, il est suivi en permanence à la station au sol, dans la cyber-cité d’Ebene, par deux jeunes ingénieurs Mauriciens de formation britannique, Faraaz Shamutally et Ziyaad Soreefan.

Il est 16h10 ce vendredi, quand le CubeSat entame son passage sur Maurice. Ziyaad Soreefan travaille sur la mise en condition de l’engin spatial avec ses homologues de Clyde Space, en Écosse. Si le développement de CubeSat a été piloté par l’institut de recherche de Maurice, grâce aux concours du bureau des Affaires spatiales des Nations unies et de l’Agence japonaise d’exploration spatiale, sa fabrication, elle, a été entreprise par cette société britannique.

« Les conditions avant de passer à la mission, c’est un mois. Après un mois, si tous les paramètres sont corrects, nous passerons en mode mission, ce qui veut dire prendre des photos et tester la communication entre les îles », explique Ziyaad Soreefan.

La station au sol est dotée de cinq écrans de différentes tailles qui analysent et décodent les signaux captés par des antennes installées sur le toit du bâtiment, que nous fait visiter Faraaz Shamutally. « Nous avons trois types d’antennes. L’antenne UHF reçoit des données du satellite. L’antenne VHF sert à transmettre des commandes au satellite. Nous disposons aussi d’une antenne parabolique pour recevoir des donnés des autres satellites ».

Le nanosatellite est en orbite basse, à 418 kilomètres de la terre. Il effectue 15 tours de la Planète bleue toutes les 24 heures. Plus petit qu’une boîte à chaussures, ce concentré de nanotechnologies possède de grandes fonctionnalités. Mais Faraaz Shamutally rêve plus grand pour son pays : « Nous avons pour objectif d’envoyer un plus gros satellite pour remplir des missions plus spécifiques dans le futur. »

Maurice est le premier petit État insulaire à se doter d’un nanosatellite dans le cadre d’un projet ambitieux du ministre de la Technologie de l’information, de la Communication et de l’Innovation, Deepak Balgobin. « L’objectif est d’abord acquérir de l’expérience et aller plus loin. Nous avons envoyé des ingénieurs en Angleterre et en Inde pour des formations plus poussées. Nous travaillons en ce moment au niveau du Mauritius Innovation and Research Council qui est l’entité de recherche responsable de ce projet pour créer un département spatial », indique-t-il.

Entre-temps, le MIR SAT-I effectue quatre passages de 10 minutes sur Maurice toutes les 24 heures. Ses signaux peuvent être captés par les radioamateurs sur le 436.925 MHz.