Depuis une dizaine d’années, le surf se développe au Ghana. Les surfeurs ghanéens rêvent que leur pays devienne un des lieux incontournables de ce sport.

Sur la plage de Kokrobite, le soleil se lève à peine quand Benjamin Baba Haruna ouvre l’école de surf de Mr Bright. Touristes et expatriés viennent prendre des cours ici, ou emprunter une planche de surf pour les plus chevronnés, comme Christian Schwarz, venu tout droit d’Autriche. « Est-ce qu’il y a quelque chose dans l’eau, sur le sol ? », demande-t-il. « Surtout des pierres », répond Benjamin Baba Haruna.

« Je savais qu’il y avait des vagues au Ghana, dit Christian Schwarz. Comme je suis en mission professionnelle, j’ai regardé bien sûr s’il y a des vagues. Après ce n’était pas sûr qu'il y ait des surf shops ou quelque chose... parce que je n’ai pas ma planche avec moi j’ai besoin d’emprunter quelque chose. Mais heureusement il y a une petite infrastructure pour louer des planches. »

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Le surf, un sport qui évolue au Ghana

Même si les locaux sont encore une minorité, de plus en plus de Ghanéens se mettent au surf. Big Ben, comme on l’appelle ici, pratique depuis huit ans et a vu son sport évoluer au Ghana.

« J’ai remarqué qu’il y avait beaucoup de monde impliqué en ce moment. Ça devient de plus en plus important, et il y a beaucoup de locaux qui surfent, beaucoup de surfeurs ghanéens s’en sortent super bien. Je suis vraiment impressionné. Dans les quatre à cinq ans à venir, j’aimerais vraiment que le Ghana devienne un spot de surf connu internationalement… que les gens viennent pour le surf au Ghana, même les surfeurs internationaux. »

Vaincre sa peur

Mais développer le surf au Ghana n’est pas chose aisée. Beaucoup de Ghanéens ne savent pas nager et ont peur de l’eau, comme Albrin, qui s’est pourtant découvert une passion pour ce sport. « J’étais en vacances à Busua et j’ai vu des gens sur une planche. Je me suis dit :"ok, c’est nouveau, je ne sais pas comment ça s’appelle" Je me suis dit que c’était pour les Blancs, pas pour les Noirs. Mais finalement j’ai essayé et je me suis rendu compte que c’était bien. Même si je ne sais pas nager, je surfe sur les petites vagues et j’essaie de vaincre mes peurs. »

Albrin vient de s’acheter une planche toute neuve, à 600 cédis, soit 3 fois le salaire minimum au Ghana. L’accès à des planches de surf abordables est un obstacle supplémentaire à la démocratisation du surf dans le pays.