En RDC, il faut plus de 600 000 unités de sang par an, selon le Programme national de transfusion sanguine. Mais les centres de transfusion sanguine, que ce soit à Kinshasa ou à Lubumbashi font face à une faible mobilisation des donneurs bénévoles. Pourtant 70% de transfusion sanguine concerne les enfants de moins de 5 ans.

Il est 10h, madame Jeanne arrive au centre de drépanocytose de Lubumbashi avec son bébé de 2 ans. L’enfant est atteint de cette maladie qui affecte l’hémoglobine des globules rouges. D’un air préoccupé, elle attend le médecin pour une injection.

Il y a quelques jours, le jeune enfant a fait une crise d’anémie. Pour madame Jeanne, il faut des nerfs solides pour gérer cette urgence. « Ces moments, ce sont des moments difficiles, des moments de panique. On se pose la question : "où vais-je trouver du sang ?" Mais ce n’est pas facile d’en trouver. Des fois, on a recours aux membres de la famille. ».

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La stratégie pour assurer la prise en charge des malades

Le centre de référence de la drépanocytose de Lubumbashi compte plus de 1 000 malades. Cette structure n’est pas dotée d’une banque de sang, elle a donc mis en place une stratégie en vue d’assurer une prise en charge des malades.

Docteur Patience Muhau, superviseur du centre, explique le processus. « Lorsque nous les recevons, nous essayons de faire des demandes de sang. Nous nous référons au centre provincial de transfusion sanguine », dit-elle. Puis d’ajouter : « Lorsqu’il est en rupture de stock, nous essayons de chercher des donneurs bénévoles chez nous. Au cas où il n’y a pas de donneur bénévole, le médecin qui reçoit le malade est un potentiel donneur. Nous avons eu à faire l’électrophorèse chez tous les médecins, ceux qui sont “AA” sont des donneurs de sang. »

Le Covid-19 responsable du manque de dons du sang

Au centre provincial de transfusion sanguine à Lubumbashi, médecins et infirmiers sont là, mais il n’y a pas de donneurs bénévoles. Conséquence, le nombre d’unités de sang est en baisse. Il est passé de 20 unités par jour au début de l’année à 3 unités seulement aujourd’hui.

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Pour le docteur Annie Tshite Bibi, le Covid-19 explique en partie cette réduction des dons. « Cette pandémie a entraîné une baisse importante en activité. Il y a 4 ou 5 mois, on recevait au moins 20 donneurs par jour. À ce jour, on a au moins 3 donneurs par jour, ce qui fait qu’on ne sait plus répondre à la demande de la population. »

Selon le Programme national de transfusion sanguine, la RDC a besoin de plus de 600 000 unités de sang par an. Aujourd’hui le programme ne couvre qu’environ 20 % de ce besoin.