C'est une formation ouverte aux étrangers... assez peu connue ! Chaque année, depuis 66 ans, la France entraîne et forme 15 officiers et 15 commissaires de police, près de 2 000 depuis la création de ce cursus. Des élèves venus du monde entier et qui, une fois de retour dans leur pays d'origine, sont amenés à occuper des postes à hautes responsabilités. Reportage à Saint-Cyr-au-Mont-d'Or, près de Lyon, à l'École nationale supérieure de police, où sont formés les apprentis commissaires étrangers. 

Au menu cet après-midi : cours sur les moyens de communication avec le fameux talkie-walkie ! La formation de dix mois vient tout juste de commencer alors il faut revoir le b.a.-ba pour ces élèves étrangers. Et même si tous les élèves ont déjà une expérience dans la police de leur pays, la communication est parfois moins évidente que prévu. 

À l'autre bout du parc de l'école nationale de police, derrière la place d'armes, en plein exercice de talkie-walkie, voici Mohamed, 34 ans, fraîchement arrivé de Djibouti, son pays natal : « À Djibouti, je suis chef de pôle du flagrant délit, au commissariat central. On a beaucoup de violence volontaire, de détournements de fonds, on a des menaces de mort. »

Si Mohamed veut obtenir son diplôme de commissaire en France, c'est parce qu'il a une idée derrière la tête : « Après avoir obtenu mon titre de commissaire ici, au retour dans mon pays, je vais accéder au grade de capitaine. »

Un avantage pour lui, mais aussi pour la police de son pays, car cela lui permet d'être « plongé dans un service opérationnel et savoir comment on procède, détaille Mohamed, essayer de s'inspirer de certaines techniques efficaces pour pouvoir les importer On essaye de construire la police de demain. »
Une coopération qui donne à la France un statut international en matière de formation à la sécurité
Ici, la formation est entièrement gratuite. Le site de Saint-Cyr, près de Lyon, accueille les élèves commissaires français ainsi que 15 étrangers par an. Parmi eux, la cheffe de brigade Imène Ghodbane vit à Alger. C'est elle qui a été sélectionnée par les services algériens pour venir en France.

« J'ai participé à un concours au niveau du territoire national, raconte Imène Ghodbane. Il y avait une cinquantaine, peut-être soixante personnes, il y avait une sélection déjà de la part de ma direction, des épreuves écrites, notamment sur nos capacités en français, des épreuves orales. Ensuite, nous avons passé un entretien au niveau de l'ambassade. »

Martine Coudert est la directrice de l'école nationale supérieure de police. Elle insiste sur la plus-value pour ses élèves étrangers : « C'est gagnant-gagnant, pour eux cette formation est très lourde, c'est dix mois. Ils repartent avec un diplôme qui a une valeur importante. Nous avons des cadres de police étrangers qui sont devenus directeurs général de la police nationale de leurs pays, ce qui est quand même pas mal ! »

Pour postuler à cette formation, trois conditions sont essentielles : avoir déjà une expérience dans la police, être francophone et avoir moins de 40 ans.