Au-delà de la livraison des doses, la campagne de vaccination nécessite du personnel, pour prendre en charge les rendez-vous et les injections. À Toulouse, dans le sud-ouest de la France, les autorités de santé locales ont accepté la main tendue des étudiants. 

Dans l’immense Hall 8 du Parc des expositions, 95 % des agents sont des étudiants. Ils sont 115 jeunes volontaires, ce jour-là. Ils se sont surnommés eux-mêmes les « Pioupiou ».

Leur poste leur a été attribué en fonction de leur filière à la fac. Hugo Ricci, 28 ans, a été hissé au rang de « Master Pioupiou » pour assurer la coordination. « En fait il y a une grande distinction entre les étudiants en santé et hors santé. Les étudiants hors santé sont mis sur des postes dits “administratifs”, mais aussi les postes d’accompagnants ; les équipes en santé sont destinées à vacciner, faire du tri médical, de la surveillance post-vaccination, et surtout de la préparation des vaccins », détaille Hugo Ricci.
Placés aux postes clés
Le tri médical est l’une des étapes les plus sensibles juste avant la vaccination. Léa et Mattéo, 20 ans, y sont affectés. Ils sont étudiants en deuxième année de chirurgie dentaire. « Nous, on va vérifier les médicaments que [les patients] prennent pour savoir si à la suite de la vaccination, on va les garder soit 15 minutes, soit une demi-heure », déclare Mattéo. Et Léa d’ajouter : « On préfère vérifier quand il s’agit de traitement qu’on ne connaît pas. »

À chaque poste, les étudiants peuvent compter sur des référents. Des « Pioupious », reconnaissables à leur gilet jaune. « Je suis étudiant en 4e année d’études de pharmacie. Comme les médicaments, c’est notre spécialité, c’est assez utile d’avoir un futur pharmacien au tri médical », déclare l’étudiant.

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Aider une jeunesse en détresse
L’université de Toulouse est l’une des plus importantes de France avec ces 118 000 inscrits. Pour Julie Oudet, médecin urgentiste au Samu, à l’initiative de la mobilisation des « Pioupious », faire appel à ce vivier évite de surcharger les professionnels de santé et répond à la détresse d’une jeunesse, durement frappée par la crise.

« Je ne les compte plus les témoignages d’étudiants qui me disent que ça a changé leur vie, ou disent : “j’étais en visio, tout seul dans ma chambre de cité universitaire, mes parents vivent à une centaine de kilomètres et je n’ai pas de petit job”. On leur a fait porter la responsabilité de la crise alors qu’en fait ils n’ont pas fabriqué le Covid-19. Là ils ont la possibilité s’ils le souhaitent de participer in fine à ce qui va nous sortir de cette crise. »

Tous les pioupious ont signé un contrat de travail et sont rémunérés. Mais ce n’est pas ce qui a motivé Thibaut, 22 ans, posté à l’entrée du vaccinodrome. « C’est vraiment l’envie de s’engager et de voir du monde, parce que ça a vraiment été très dur... », dit-il.

Deux mille cinq cents jeunes, comme Thibaut, se sont déjà portés volontaires. Cinq cents autres vont bientôt être formés à leur tour. De quoi assurer l’ouverture du Hall 7 du parc des expositions, lundi prochain et la vaccination de 4 000 personnes supplémentaire par jour.