Deux repas à un euro pour tous les étudiants, retour en cours une fois par semaine : après les annonces du président, les syndicats saluent des avancées, mais demandent des aides financières pérennes et immédiates pour les étudiants en grande précarité. Les étudiants restent donc mobilisés.

Rémy, étudiant en lettres, donne de petits coups de pied dans la bordure du trottoir. Le retour progressif de tous les étudiants en présentiel une fois par semaine procure un petit espoir, car jusqu’à présent, il a l’impression d’un faux départ. Faux départ dans les études, faux départ pour tisser des liens. Bref, un faux départ dans cette nouvelle vie qui se ferme à tout ce qu’un jeune espère.

« C’est juste une chute interminable. J’ai 18 ans, je viens d’arriver à la fac. Je découvre ce monde et j’arrive directement en distanciel. Il n’y a qu’à voir toutes les personnes que je fréquentais : elles ont toutes abandonné, tous ont décroché », déplore Rémy.

Joséphine, elle, s’est confectionné une cigarette filiforme qu’elle fumera plus tard. La jeune femme souffre de l’isolement, elle a besoin d’être face à un enseignant, c’est à dire, une voix, un ton, un corps. « Cette parole, elle s’incarne. En vidéo, il y a une telle distance. On a besoin d’une certaine ambiance. Déjà, le fait de se lever le matin, avoir un certain rythme, pouvoir parler avec le professeur. Cette ambiance est essentielle en fait », soutient Joséphine. 

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Un retour dans les universités sous conditions 
Stylo-feutre à la main, Maëlys révise sur un banc, place de la Sorbonne. Étudiante en classe préparatoire biologie, elle bénéficie de cours en présentiel. « On a besoin d’échanger et si on veut progresser, je pense qu’on a besoin d’avoir des coups de pouce, on a besoin d’avoir envie de le faire et c’est le prof qui nous donne cette envie-là, mais aussi les autres élèves autour de nous, car on veut tous progresser ensemble. Cela ne se fait pas face des écrans », explique Maëlys.

Pour ces jeunes gens, le retour en présentiel est possible. Un jour par semaine, c’est trop peu quand on sait que les lycées sont ouverts. Voilà ce qu’ils demandent : « Un retour à l’université en présentiel avec bien sûr des mesures sanitaires adaptées, des divisions de classe : tout ce qui est possible pour à la fois, faire un retour en classe qui permettrait aux étudiants d’avoir un contact humain, et des mesures sanitaires qui permettraient de le faire dans le respect des gestes barrières », dit Raphaël, étudiant à Sciences Po.
Détresse psychologique et précarité financière
Le chèque psy qui permet à un étudiant de consulter psychologue ou psychiatre est apprécié. Les universités en manquent cruellement. Pour, Inès en master d’histoire, « on le voit ces dernières semaines, on a eu plusieurs suicides et tentatives de suicide. On est tous dans des situations où cela devient vraiment très difficile. »

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La précarité est une préoccupation majeure, le repas à un euro qui existait déjà pour les boursiers va être étendu à tous les étudiants. Cette mesure est jugée insuffisante et difficile à mettre en place puisque de nombreux restaurants universitaires sont fermés.

« Heureusement qu’il y a dans tout un tas d’universités soit des organisations syndicales ou associatives qui essayent de maintenir un tissu, un contact, d’aider, de faire des distributions de repas. Heureusement que cela existe ! », s'exclame Barthélémy, étudiant en histoire à Nanterre.

Les syndicats saluent des avancées, mais exigent une aide financière immédiate pour tous les étudiants.