Le Royaume-Uni ne fait plus officiellement parti de l'Union européenne (UE). L'accord post-Brexit est entré en vigueur ce 1e janvier. Une application provisoire en attendant l'approbation des eurodéputés. Grâce à l'accord trouvé la veille de Noël, l'UE permet aux Britanniques un accès sans droits de douanes ni de quotas à son immense marché. Mais, de fait, il y a bien le rétablissement d'une frontière entre le Royaume-Uni et le reste de l'UE. Exemple au port du Havre.

Au port du Havre, dans le nord de la France, comme dans les autres points de connexion entre les deux pays, cela a des conséquences très concrètes : le retour des contrôles douaniers, pour la les marchandises et pour les personnes. Cela fait deux ans que le port s'y prépare et il s'apprête donc à appliquer pour la première fois ces nouvelles procédures, avec le premier départ d'un ferry pour Portsmouth, version Brexit. 

Chaque année, près de 30 000 véhicules et 150 000 passagers transitent par ce terminal trans-Manche. Pour l'adapter à la réapparition d'une frontière avec la Grande-Bretagne, plus d'1,5 million d'euros de travaux ont été nécessaires.

Tout est prêt déjà depuis le printemps 2019. Perry Menz est le directeur régional des douanes au Havre : « Avec le Brexit, il y a des conséquences pratiques. La Grande-Bretagne devient un pays tiers. Au même titre que peut l’être le Canada et les États-Unis. Donc, il y a ici des guichets d’immigration, ce qui n’existaient pas avant. Et d’autre part, il y a des formalités douanières et, du fait des formalités, potentiellement des ralentissements. »

Les démarches douanières ont été dématérialisées pour éviter les embouteillages dans cette zone du port que les véhicules ne faisaient que traverser jusque-là. Les déclarations des marchandises seront faites avant l'embarquement, informatisées durant la traversée. Ce qui facilitera le débarquement : « Lorsque le camion va arriver ici, il saura immédiatement quel est son statut. Soit il sera en file verte, auquel cas il pourra sortir. Ou alors, il sera en circuit orange, c’est-à-dire qu’il y a besoin d’un contrôle ou qu’il y a besoin d’un document, un document vétérinaire ou sanitaire... »

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D'immenses parkings ont donc été prévus. Des guérites également un peu plus loin pour le contrôle de l'identité des chauffeurs. À quelques dizaines de mètres, le comptoir passager a aussi été aménagé. Cécile Roumaud est cheffe divisionnaire, en charge de la surveillance : « Les voyageurs piétons, sans véhicule, pénétreront par là pour faire à la fois les formalités auprès de la police aux frontières, les formalités de douane à l’export, et puis avez la sûreté du navire avec le passage aux rayons X des bagages, comme à un aéroport. »

Les passagers qui embarqueront pour la Grande-Bretagne devront arriver un plus tôt qu'avant pour ces formalités, surtout s'ils ont fait des achats en France dans des zones en duty free. Des bornes ont été installées, pour accélérer la démarche : « Le voyageur scannera son bordereau de vente en détaxe et aura une formalité à faire en appuyant sur l’écran tactile, et après il pourra quitter le territoire de l’Union. »

Le ferry qui a accosté ce 1er janvier est parti la veille des côtes britanniques. Son chargement n'a donc pas été soumis aux nouvelles procédures douanières. La grande première pour le terminal trans-Manche, version Brexit, aura donc lieu ce samedi matin au départ du Havre.