Aux États-Unis, certaines villes s’adaptent au réchauffement climatique et mettent en place des moyens pour se protéger, notamment face à la montée des eaux. C’est le cas à New York où un mur anti-inondation et un parc surélevé sont en construction. Un chantier de centaines de millions de dollars.

De notre correspondante à New York,

Dans le sud de Manhattan, sur plus de 4 kilomètres, les pelleteuses s’activent au rythme des marteaux-piqueurs. La ville de New York est en train de construire un gigantesque mur le long de l’East River.

Thomas Foley est l’un des superviseurs du projet. « C’est une super-structure qui commence sous nos pieds à plus de 35 mètres de profondeur, et puis en surface, on a ce mur que vous voyez. Un mur de 3 mètres de haut, en béton renforcé ».

L’objectif de ce mur est de créer une barrière totalement imperméable dans le sud-est de Manhattan, point le plus bas et le plus vulnérable de l’île, surtout face aux violentes tempêtes. « Ce qui se passera, c’est qu’on aura une série de portes, et en cas de tempêtes ou d’inondations, nous fermerons les portes pour que cette zone soit la seule inondée », indique Thomas Foley. 
Éviter les inondations dues aux tempêtes
Les autorités cherchent notamment à éviter des inondations similaires à celles de l’été dernier après le passage des tempêtes Ida et Henry, où les rues et les stations de métro se sont retrouvées sous les eaux. Ici, tout le monde garde également en mémoire l’ouragan Sandy qui avait totalement paralysé le sud de Manhattan durant plusieurs semaines…

« Ce projet est primordial parce que toute cette zone a été très affectée par Sandy », explique Thomas Foley. « On avait plusieurs mètres d’eau et des vents violents, ce qui a empêché les équipes de secours d’accéder à certaines zones. Nous devons nous assurer que la zone sera protégée et que les habitants seront protégés. »

Au total, le projet va coûter près de 1,5 milliard de dollars et protéger, selon la mairie, 110 000 habitants. Sur le long terme, il doit également permettre à New York de faire face à la montée des eaux due au réchauffement climatique.
Un projet qui ne fait pas l’unanimité
Le mur a été conçu de façon à ce que sa hauteur puisse être modifiée si nécessaire. Mais le projet est loin de faire l’unanimité. Car pour construire le mur, la ville doit détruire plusieurs parcs pour en construire de nouveaux qui seront surélevés. Une mesure qui a provoqué la colère de certains habitants.

Harriett Hirshorn fait partie de ceux qui s’opposent au projet : « On veut une protection contre les inondations, mais on n’a pas besoin de tuer tous les arbres pour ça. Il doit y avoir au moins 5 autres solutions. Tuer un millier d’arbres, ce n’est pas rien, surtout quand ces arbres ont plus de 80 ans et sont en bonne santé ! »

Ce groupe d’habitants est allé jusqu’à saisir la justice pour bloquer la destruction du parc, en vain. De son côté, la mairie précise que 1 800 arbres seront plantés dans les nouveaux parcs. Les travaux de construction devraient être achevés en 2026.