En Bavière, région la plus frappée par le virus en Allemagne et qui a adopté les mesures de confinement les plus strictes du pays, les restrictions sont peu à peu levées. Ce samedi 30 mai, veille de Pentecôte, les hôtels ont officiellement le droit d’accueillir à nouveau des touristes. Mais les professionnels ne s’attendent pas à retrouver une activité normale de sitôt.

Un calme inhabituel pour cette période de l’année à Oberammergau, charmant village de Haute-Bavière, au pied des Alpes, avec ses façades de maisons peintes de motifs champêtres ou religieux.

L’hôtel Wittelsbach a fermé ses portes le 13 mars. Il affichait alors complet pour le mois de mai. Après onze semaines d’inactivité, pour la patronne, Stéfanie Ternès, le tableau est moins réjouissant : « la première nuit, on a 3 chambres réservées, la deuxième 5. Ce n’est pas grand-chose, mais, au moins on recommence à travailler. »L’établissement doit se plier à des règles sanitaires très strictes avec, entre autres, port du masque pour tous dans les espaces partagés, respect des distances, désinfections. « À mes yeux, toutes ces mesures vont rendre l’hôtel moins agréable. Nous avons dû sortir des chambres tous les jolis coussins ou encore les prospectus touristiques pour les clients. On ne peut plus mettre de fleurs non plus. Ça devient moins douillet, moins joli. »

Situé en face du parc des expositions de Munich, l’hôtel Novotel a pu rester ouvert pour accueillir quelques rares hommes d’affaires. Mais là aussi, la décoration des chambres a dû être revue. Michael Majnik est le directeur général de l’établissement : « Nous avons enlevé des chambres toutes les choses superflues, comme les stylos, les cartes, les brochures touristiques et toutes sortes de produits d’accueil. La Bavière a pris des mesures plus strictes que d’autres régions, mais je pense que nous sommes sur la bonne voie, et nous voyons qu’avec les mesures de distanciation que nous avons prises, les clients se sentent en sécurité. »Dans le centre-ville, le café Luitpold, véritable institution munichoise, est loin de faire le plein à l’heure du déjeuner. Stefan Meier en est le patron. « On avait l'espoir avec la réouverture et après huit semaines de confinement que les gens aient une envie folle de sortir et de redécouvrir l'espace public et leurs restaurants et cafés. Malheureusement, on se rend compte qu'il y a une certaine angoisse. Cela va nous poser des problèmes considérables sur le long terme. »

L’Allemagne, comme d’autres pays, envisagent de rouvrir ses frontières le 15 juin. Mais en Bavière, restaurateurs et hôteliers ne s’attendent pas à voir revenir les touristes de sitôt.