Comme lors du précédent scrutin en 2017, le parti d’extrême droite AfD jouera le trouble-fête. C’est notamment le cas dans les nouveaux Länder (l’ancienne RDA) où le parti est désormais bien ancré, au point d’être devenu, dans certaines régions, la première force politique locale. 

De notre envoyé spécial à Zittau,

Nous sommes sur le marché de Zittau, une petite ville dans l’extrême sud-est de l’Allemagne, à la frontière avec la Pologne et la République tchèque. À côté d’un marchand de saucisses, Jörg Domsgen distribue des tracts pour l’AfD (l’« Alternative für Deutschland », l’« Alternative pour l’Allemagne »), contre le droit d’asile, pour une sortie de l’Union européenne et pour plus d’investissements dans la région qui compte parmi les plus pauvres du pays. « La région a été vidée d’emplois qui permettent aux gens de vivre dignement de leurs salaires. C’est pour cela que les gens qui sont dans le besoin se tournent vers des partis alternatifs », déclare Jörg Domsgen.

Steffen est l’un de ceux qui ont tourné le dos aux partis traditionnels. Retraité, la cinquantaine, vêtu d’un jogging, il vient de faire ses courses. Une fois toutes les charges payées, il lui reste 150 euros pour vivre. « J’ai travaillé 20 ans à la chaîne, en Bavière. On produisait les boîtes pour les gâteaux de Noël. Six jours sur sept, seul le dimanche était libre », explique Steffen. Puis de poursuivre : « Là, je suis à la préretraite, car il y a quelques années, mon dos a lâché ainsi que mes genoux. J’ai trois vertèbres lombaires cassées et une hernie discale. Dans ce pays, si tu ne peux plus marcher, tu crèves. »

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La victoire de l’AfD, un séisme politique en Saxe
Il y a quatre ans, l’AfD a remporté la circonscription face à la CDU. Un séisme politique dans la région. Lors d’un débat public à Zittau, le candidat du parti conservateur tente de ramener les électeurs dans le giron de la CDU. « Un vote protestataire ne créera pas de nouveaux emplois, et ne fera pas non plus revenir des médecins ou des infirmières », souligne Florian Oest.

Un argument qui peine à convaincre Dirk Heinrich, un agent d’assurance qui assiste au débat et qui a décidé de voter pour les libéraux. « J’avoue que j’ai hésité à donner ma voix à l’AfD. Ce qui m’a surpris moi-même parce que je ne soutiens pas du tout l’extrême droite. Mais ils soulèvent des problèmes ignorés par les autres. Beaucoup de mes amis votent pour l’AfD, et ce sont des gens normaux, pas des extrémistes », souligne-t-il.

Selon Dirk Heinrich, cette année l’AfD peut compter sur une nouvelle clientèle dans la région : les anti-vaccins.

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