Des dizaines d’hectares de champs agricoles en proie en flamme quotidiennement autour de la bande de Gaza. C’est le résultat des attaques aux ballons et cerfs-volants incendiaires. L’armée de l’air israélienne riposte. Les Palestiniens à leur tour tirent des roquettes. La situation est explosive. Israël cherche à neutraliser les ballons avec de nouvelles technologies pour tenter d’éviter l’escalade. David contre Goliath ! Michel Paul s’est rendu à l’invitation de la police israélienne des frontières dans une batterie laser à proximité de Gaza.

« Lahav or », traduit par « La lame de lumière », vient d’entrer en action. C’est une arme silencieuse. La cible : des ballons d’enfants gonflés à l’hélium, porteurs de mèches incendiaires et dans certains cas d’engins explosifs de fabrication artisanale. Nous sommes dans le poste de commandement de la batterie expérimentale de ce canon laser, sur un petit monticule, à tout juste un kilomètre de la bande de Gaza.

Explications du général Yaakov Shabtai, le commandant de la police israélienne des frontières : « C’est un système laser d’interception de ballons et de drones. C’est aujourd’hui le système le plus sûr au monde. Il peut toucher uniquement l’objectif que nous visons sans dommages collatéraux. En d’autres termes, si un avion passe par là, aucun problème, il ne sera pas atteint. »

Dès le matin, une forte brise se lève en provenance de la mer à Gaza. Un vent qui peut souffler à des kilomètres les ballons et les cerfs-volants incendiaires dans les champs qui entourent l’enclave palestinienne. La sergente Nicole, chef des opérations dans la batterie laser : « Cela peut prendre à peu près 5 minutes mais aussi juste 1 minute. On a descendu plein de ballons. Avec le laser, c’est dingue de voir comment la technologie progresse. Cela fonctionne très bien ! »

Et selon le Commandant Micky Rosenfeld, le porte-parole de la police israélienne, les résultats sont concluants : « À ce stade nous avons eu un taux de 90% de succès en plus d’un mois d’essais opérationnels le long de la Bande de Gaza. Nous sommes maintenant déployés face à la partie centrale à juste un kilomètre de la frontière et nous oeuvrons jour après jour. »

Pas de capacité à intercepter des roquettes ou des missiles, mais le professeur Ami Ishaaya de l’université de Beer-Sheva pense que ce canon laser pourrait surtout être utilisé contre les attaques de drones sur des objectifs civils : « Le système est particulièrement intéressant pour des besoins d’ordre commercial comme la protection d’aéroports, de plateformes pétrolières, de sites stratégiques, de prisons. Tous les lieux où des drones offensifs peuvent être déployés. »

Mais il est trop cher, à 2 millions de dollars l’unité pour neutraliser des ballons, l’armée israélienne fait la sourde oreille. Et c’est la raison pour laquelle la police des frontières est chargée de l’expérimentation de cette nouvelle technologie.