Shopping, visites de sites archéologiques et musées en mode anti-virus. Terrasses des restaurants étendues sur les rues ou les places pour compenser la perte de capacité à l’intérieur. Dans les villes d’art comme Rome, tout est prêt pour accueillir de nouveau des vacanciers étrangers sans imposer de quarantaine. Pressée de relancer son économie, mise à genoux par 70 jours de confinement, l’Italie rouvrira ses frontières aux touristes en provenance de l’Europe à partir 3 juin.

En Italie, on sent la volonté d’un retour à la normalité. Mais 30 % des restaurants et commerces de détail n’ont pas relevé leur rideau indique la Fédération des commerçants.Letizia d’Antoni, qui gère une petite entreprise de produits bios pour les restaurants, repart avec la force du courage. « Ces deux derniers mois j’ai encaissé zéro euro. La reprise sera difficile mais pas impossible. Je suis aussi à la tête de l’association CreativHer dont la mission est d’aider les femmes à réaliser leurs rêves. J’ai confiance dans la créativité des italiennes ! »

Parmi les secteurs qui retrouvent du dynamisme, celui des chaussures est en première ligne. Stefania Mittiga est co-fondatrice de Ballerette. Une marque de ballerines artisanales. Elle a réussi à garder les trois employées de sa boutique à Rome. « La réouverture était très émouvante. Des clientes nous ont confié que les ballerines sont leur premier achat après plus deux mois de confinement. »

Une éternité pour les jeunes qui ont tendance à oublier masques et distanciation physique obligatoire. Regroupement sur les places. Apéros en terrasse. Papotages et postillonages, qui irritent le chef du gouvernement, Giuseppe Conte. « Ce n’est pas encore le moment de la movida et des rassemblements ! » De fait, L’Italie tient à garder sous contrôle la situation épidémiologique,  notamment pour relancer le tourisme, une des grandes richesses du pays, confirme Giovanni Sebastianelli numéro 1 de l’Agence nationale du tourisme. « Le secteur représente 13% du PIB. Là, pour cet été, nous misons sur la promotion du pays, fondée sur la diversité de ses paysages et sa culture. »

Plusieurs sites archéologiques et musées ont déjà rouvert dans le respect des règles de sécurité sanitaire. Une opportunité unique pour des visites sereines, selon Anna Coliva, directrice de la Galerie Borghèse immergée dans le parc homonyme où raisonne à nouveau la joie des enfants.« Il n’y aura pas de tourisme de masse. Ce sera une expérience inoubliable. Il n’y a rien de plus fort que la beauté pour donner le sens de la renaissance. »

Tout est prêt pour un accueil à échelle humaine. Stefano Malatesta vient même de rouvrir son appartement place Navone, parfait pour une famille de quatre personnes. « Nous y voici ! Tout a été désinfecté à cause de la Covid. On peut donc séjourner tranquillement dans ce petit bijou. »Un petit bijou à 140 euros la nuit, au cœur de la Ville Éternelle.