Carven Ehren, un Philippin de 28 ans, a conçu une double technologie qui pourrait bien révolutionner la production d'énergie solaire : un matériau créé à partir de déchets de récoltes agricoles, qui capte non pas les rayons du soleil, mais les ultraviolets. Baptisée AuREUS, son invention a été récompensée l'an dernier par le prix international du développement durable James Dyson.

De notre correspondante à Manille,

Imaginez des villes entières recouvertes de panneaux solaires, qui produiraient leur propre électricité, quelle que soit la couleur du ciel. C’est en s’inspirant des aurores boréales que Carvey Ehren, étudiant en génie électrique à l’université de Mapúa à Manille, a conçu AuREUS. Une technologie basée sur un nouveau matériau qui transforme les ultraviolets en électricité.  

« En capturant les ultraviolets, notre technologie permet de produire de l’électricité même dans des régions peu ensoleillées. Les rayons ultraviolets sont réverbérés par les trottoirs, les bâtiments et même la neige. En les collectant, on réduit en même temps le risque d’y être exposé. Cette technologie fonctionne également la nuit. Elle collecte la lumière artificielle des villes », explique Carvey Ehren. Et grâce au caractère malléable de ce matériau, l’inventeur envisage toutes sortes d’adaptations. « Pourquoi ne pas imaginer des vêtements qui généreraient ainsi de l’électricité ? Des appareils électroniques, des châssis de voiture ou même des bancs, dans les parcs ? », imagine-t-il.
Un futur prometteur
Brenda Valerio est responsable de projets chez New Energy Nexus, un incubateur spécialisé dans les énergies vertes, qui épaule Carvey Ehren. Selon elle, le futur de cette technologie est très prometteur. « Je pense que cela va bousculer le secteur des énergies renouvelables. Imaginer qu’un tel système pourrait être développé à l’échelle individuelle, dans les foyers, où l’on pourrait produire de l’électricité simplement en laissant sa voiture garée à l’extérieur, est incroyable et excitant », s’exclame-t-elle.

Autre élément majeur qui le distingue des panneaux solaires classiques : il est fabriqué à partir de déchets agricoles, et donc entièrement recyclables. « Actuellement, on utilise principalement le gingembre, la tomate, mais aussi la chlorophylle extraite des feuilles. Mais notre objectif est de parvenir à fabriquer ce matériau, cette résine, à partir de n’importe quel déchet biodégradable. Ainsi, on pourrait aider d’autres industries, en particulier l’industrie alimentaire qui génère souvent beaucoup de déchets », espère Carvey Ehren.

Aider à réduire le gaspillage alimentaire, mais aussi soutenir les agriculteurs en cas de pertes face à un événement climatique. Aujourd’hui, l’ingénieur cherche à réduire le coût de fabrication de ses panneaux solaires afin de s’aligner sur les prix du secteur. Il prévoit une commercialisation en début d’année prochaine et espère ouvrir rapidement aux particuliers.