Depuis mercredi dernier, la Lituanie s’est de nouveau confinée, et de manière stricte. On y compte plus de 1 300 cas de Covid pour 100 000 habitants. Ce qui fait de la Lituanie le pays le plus touché de l’Union européenne. Chacun doit rester chez soi. Les commerces non essentiels sont donc de nouveau fermés, ce sera l’école à la maison jusqu’au 31 janvier. Et pendant la période des fêtes, les déplacements sont limités.

Depuis vendredi midi, ce sont plus de 3 000 personnes à qui l’on a demandé de faire demi-tour et qui n’ont pas pu sortir de leur municipalité. 

Sur l’autoroute, au nord de Vilnius, Tomas et ses dix autres collègues policiers contrôlent les voitures qui se rendent dans la capitale. Depuis vendredi midi, les barrages filtrants sont devenus permanents aux abords des grandes villes. Les Lituaniens ne peuvent quitter leur municipalité que dans certains cas, pour se rendre au travail, dans leur résidence secondaire ou pour une urgence.

Viktoras, la cinquantaine, a montré ses papiers de bon gré. Il avait déjà tout préparé. « J’ai montré mon passeport, les papiers de ma société. Je travaille dans le bâtiment à l’extérieur de Vilnius. Je suis obligé de me déplacer sur les chantiers et de travailler aussi. Le cabinet de coiffure de ma femme a dû fermer. »

Et si le conducteur ne peut présenter aucun justificatif ? Ce n’est pas un problème pour Renatas Pozela, commissaire général de police.

« Nous demandons au conducteur où il se rend. S’il n’a aucune preuve, mais nous dit qu’il se rend dans sa résidence, qui se trouve dans Vilnius, nous nous connectons au registre des biens immobiliers et nous vérifions. Le gouvernement nous a donné le mandat pour cela. »

Les questions ne sont-elles pas trop intrusives ? Non, estime Danguole qui a dû ouvrir son coffre pour montrer ses valises. « Ils m’ont demandé où j'allais, j’ai dit l’aéroport, je rentre à Londres, j’étais venue en visite. Si la loi ordonne de poser ce genre de question, il faut l’appliquer. Ça me paraît un peu bizarre, à Londres, il n’y a pas tout ce cirque. Mais ici la situation est grave. »

Dans les prochains jours, les technologies vont être mises au service de contrôle plus poussés, comme par exemple utiliser les caméras de vidéosurveillance des autoroutes qui lisent les plaques d’immatriculation. La police veut aussi améliorer une application qu’elle utilise déjà et qui permettrait de vérifier qu’une voiture contrôlée ne cherche pas à passer par un autre endroit.

Aine Ramonaite est politologue à l’université de Vilnius. Membre d’une organisation de volontaires, elle s’est aussi engagée auprès de la police pour aider les contrôles. Parmi les automobilistes, la confiance règne.

« Je n’ai encore contrôlé personne qui s’est inquiét de la question de la protection de ses données personnelles. Il n’y a eu aucun débat public sur cette question. Les gens comprennent que de toutes façons les autorités savent déjà où tu habites, si tu es propriétaire ou non. »

Depuis deux semaines, la Lituanie recense chaque jour plus de 3 000 nouveaux malades du Covid. La Première ministre a prévenu : si ces mesures ne suffisent pas, le gouvernement n’exclut pas de déclarer l’état d’urgence et d’imposer un couvre-feu.