Alors que les élèves français retrouvent leur salle de classe ce mardi, cela fait déjà deux semaines que la rentrée scolaire a commencé en Suède. Le pays s’était déjà distingué au début de l’épidémie de coronavirus en choisissant de ne pas confiner sa population, en laissant ses écoles ouvertes, et en ne fermant que les lycées et les universités. Aujourd’hui, c’est tout le système scolaire qui rouvre, sans que le port du masque ne soit recommandé, mais avec d’autres mesures, adoptées par chaque établissement.

Dans la cour de l’école internationale de Stockholm, aucun masque en vue. Mais c’est le cas dans tout le pays : le port du masque n’est pas recommandé, mais pas interdit non plus, comme le précise Karin Henrekson, la directrice : « Si un élève arrive avec un masque, on en a 2 ou 3 pour tout l’établissement, c’est ok. Et si un prof veut porter un masque - personne ne le fait - c’est aussi ok. La ville de Stockholm n’impose pas de règles, elle recommande, seulement, de maintenir les distances entre nous… et les Suédois sont bons pour ça. »

La Suède a su en effet rester sur la même ligne, comme s’en félicite Anders Tegnell, l’épidémiologiste en chef : « A la différence d’autres pays, la Suède n’a pas changé ses recommandations. Nous n’utilisons pas le masque, et les écoles fonctionnent comme d’habitude. »

On garde donc ces distances tant qu’on peut, on se lave les mains fréquemment, les horaires de cantine ont été aménagés, comme avant les vacances. Mais là où les choses ont vraiment changé, c’est au lycée. Lycéens et étudiants étaient tous passés à l’enseignement à distance en mars parce qu’ils sont plus sensibles au coronavirus que les enfants, et qu’ils empruntent massivement les transports en commun. Aujourd’hui ils sont revenus, avec cependant quelques contraintes :« La ville a recommandé de réduire le nombre de lycéens présents de 20%. Donc a décidé de faire passer certaines classes une semaine sur deux en enseignement à distance. On avait aussi évoqué la possibilité d’arriver plus tôt, de partir plus tard, mais cela aurait trop perturbé nos emplois de temps. Peut-être que d’autres écoles ont fait différemment. »

C’est le cas par exemple dans la ville de Göteborg, où aucun cours ne commence avant 9h, pour ne pas encombrer les transports. A l’école internationale de Stockholm, Helen, une professeure de sciences, est seule dans sa salle de cours, mais devant son écran d’ordinateur : « Je te retrouve dans un minute Ivan, je reviens… Juste maintenant j’ai un cours à distance avec mes deuxièmes années, et dans une demi-heure je vais courir dans les escaliers pour rejoindre physiquement mes élèves de 1ere année. »

Lärareforebunet, le principal syndicat d’enseignant, adhère pour l’instant à la ligne du gouvernement, même s’il reste vigilant. Emma Ölmebäck est l’une de ses représentantes : « Les enseignants s’inquiètent de la surcharge de travail amenée par l’épidémie, avec le remplacement des collègues absents, l’enseignement à distance, et tout ça en même temps. »

Les enseignants suédois, en revanche, ne demandant ni le port du masque, ni le dédoublement des classes. Selon leurs propres études, en effet, le taux de contamination des enseignants suédois est semblable à celui du reste de la population.