Un an après sa mort, Diego Maradona est omniprésent dans son quartier natal de Villa Fiorito. Le visage et le numéro 10 de l’idole argentine s’affichent partout sur les murs de ce quartier défavorisé. La maison où il est né, longtemps laissée presque à l’abandon, vient d’être déclarée monument historique national. À Fiorito, certains espèrent qu’elle sera transformée en musée pour honorer la mémoire de l’enfant du quartier.

C’est une petite cahute au fond d’un jardin, cachée derrière une grille délabrée envahie par la végétation. « Nous sommes à Villa Fiorito, devant la maison de Diego Maradona, là où il a vécu jusqu’à son adolescence. » Sur la façade s’affiche le visage du plus célèbre des Argentins auréolé de grands rayons jaunes, le regard fixé sur l’horizon. La quarantaine, Javier Lopez a toujours vécu à Villa Fiorito. Depuis un an, il voit touristes, curieux et fanatiques affluer dans le quartier natal de l’idole argentine : « Les gens ont commencé à venir ici pour lui rendre hommage. Après, il n’y a pas grand-chose qui a été fait, à part des fresques dans beaucoup d’endroits. »

Partout, de la gare ferroviaire au moindre coin de rue, Maradona est présent. Devant le terrain municipal où celui que l’on surnommait à l’époque « Pelusa », le chevelu, a caressé ses premiers ballons, une grande fresque représente côte à côte le gamin de Fiorito et le capitaine de la sélection argentine soulevant la coupe du monde.

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L'histoire continue
Sur le terrain caillouteux, quelques enfants se font des passes sous la chaleur du printemps austral. « Nous sommes sur le terrain de Dieu, là où Maradona faisait des misères à ses adversaires avec son pied gauche magique. Des buts comme le plus beau qu’il a mis contre les Anglais, il en marquait déjà ici. »

La peau burinée par le soleil et un mulet qui lui descend jusqu’au milieu du dos, Pancho Torres est le gardien des lieux. Il raconte qu’enfant, il avait l’habitude de jouer ici avec Maradona. Il montre avec fierté une photo en noir et blanc de 1974 qu’il garde comme une relique. On y voit Maradona avec ses coéquipiers d’Estrella Roja, son premier club.

« Diego a fait beaucoup de choses ici. Déjà, il a sorti la villa de l’anonymat. Ce que Diego représentait quand il était en vie est différent de ce qu’il représente maintenant qu’il est mort, parce que l’histoire continue. »

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« Il n’a jamais oublié d’où il venait »
Cette histoire, beaucoup aimeraient qu’elle continue à s’écrire ici à Fiorito, où tout a commencé. Par exemple, en transformant la maison natale de Diego en Musée, suggère Armando Susu Fleita, directeur d’une radio communautaire du quartier : « Les gens ont déjà commencé à se l’approprier comme un musée. Ici, il y a beaucoup de religiosité populaire. Bientôt, les gens vont le considérer comme un saint. »

Pour ça, il faudrait que la municipalité indemnise les actuels occupants de la maison, qui se montrent peu arrangeants. Pour Armando Fleita ce serait une manière de rendre à Maradona ce qu’il a apporté au quartier. « Diego, c’est l’homme qui s’est sorti de sa condition, il a fait énormément de choses pour les autres, il s’est toujours souvenu de nous. Pardon, à chaque fois que je parle de Diego, je suis ému. Il s’est toujours souvenu de nous, et surtout de Fiorito. Il n’a jamais oublié d’où il venait »

Un an après sa mort, que ce soit sur les murs du quartier ou dans les mémoires, Diego Maradona est plus présent que jamais à Villa Fiorito.

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