Rien ne va plus entre le pouvoir central malien et la mission onusienne au Mali. « Le gouvernement malien n’est pas d’accord avec la décision unilatérale de la Minusma d’ériger une zone de sécurité à 20 kilomètres de la ville de Kidal, constate le journal Le 22 Septembre. En effet, précise-t-il, après les sanglants affrontements entre des éléments de la Plateforme et de la CMA à Anéfis, l’organisation onusienne a hâtivement décidé de mettre en place une zone de sécurité, sans même en informer les autorités maliennes. C’est à travers un communiqué publié dans la presse que le gouvernement a appris cette nouvelle. A cette attitude maladroite de la Minusma, que d’aucuns qualifient de manque d’égards envers Bamako, le gouvernement a eu une réponse très réactive. » Il a en effet « exhorté la Minusma à rester strictement dans son rôle de protection des populations. »
Commentaire du 22 Septembre : « c’est un véritable désaveu pour la Minusma, qui en agissant ainsi tend à se substituer à l’Etat malien, qui, après la signature de l’accord de paix et de réconciliation, est censé exercer la plénitude de ses pouvoirs sur toute l’étendue de son territoire. Ce parti pris, poursuit le journal, confirme les soupçons qui prêtent à la Minusma la volonté de vouloir diviser notre pays en deux. En effet, à chaque fois qu’il y a eu une tentative de refaire entrer la région de Kidal dans le giron du Mali, au même moment la Minusma se souvient de son rôle. »
 
« Ce n’est guère un mystère, pointe L’Aube, autre journal malien. La Minusma agit au Mali conformément aux instructions, aux directives et aux intérêts de la France. En réalité, un schéma de partition du Mali est mis en œuvre depuis 2012. Dans ce schéma, Kidal ne fait point partie du Mali. Il est temps que les Maliens, à commencer par les gouvernants, prennent conscience de cette réalité qui est l’aboutissement du plan de déstabilisation et de destruction programmé de notre pays. Les groupes armés (MNLA, HCUA, MAA), les jihadistes, les narcotrafiquants et autres bandits, ne sont que les bras séculiers de ce vaste plan contre le Mali. »
 
Situation de dépendance ?
 
Le site d’information guinéen Ledjely.com s’interroge : « l’Etat malien a-t-il raison de protester contre cette attitude équivoque de la mission onusienne ? Peut-être bien. Mais il est sûr que cela ne servira pas à grand-chose, estime-t-il. L’ONU fera bien sûr mine d’être désolée. Elle réaffirmera son impartialité et sa neutralité, pour apaiser la colère de Bamako. Mais sa stratégie ne changera pas d’un iota, affirme Ledjely.com. Car elle a conscience que l’Etat malien est en situation de dépendance. Affaiblies et déstructurées, les troupes régulières maliennes ne sont pas, à elles seules, en mesure de libérer l’ensemble du territoire. Tout au contraire, seules face à l’ennemi, ce sont elles qui risquent de céder du terrain. Et c’est là tout le problème du gouvernement malien, pointe le site guinéen.[…] Pour que le dialogue puisse ramener la paix et la quiétude au Mali, la peur doit changer de camp. Ce qui suppose une réorganisation et un rééquipement des soldats maliens de manière à leur permettre de tenir tête, voire de l’emporter sur l’ennemi. Naturellement, cela risque de prendre du temps. Mais si l’Etat malien ne veut pas continuer à gémir, conclut Ledjely.com, pendant que sa souveraineté est sans cesse bafouée, il doit se hâter de mettre en pratique cette option-là. »
 
Le dieu du sabar s’est assoupi…
 
A la Une également la disparition de Doudou N’Diaye Rose… Hommages unanimes dans la presse ouest-africaine pour le célèbre percussionniste sénégalais, avec un bémol toutefois. Walfadjri à Dakar déplore le manque de considération de l’Etat sénégalais envers celui qui fut un grand ambassadeur de la culture sénégalaise. « Honoré à travers le monde, notamment par la France, le Japon, les Etats-Unis, le tambour major n’a pas été assez célébré, estime le journal, dans son pays natal. »
 
En tout cas, un immense musicien s’en est allé. On citera cet hommage rendu par le quotidien burkinabé Aujourd’hui : « on dit souvent que la musique est une ouverture de l’âme, Doudou N’Diaye Rose était parvenu à toucher les âmes de millions d’hommes. La cadence impulsée au corps de l’homme, à laquelle il était parvenu, mêlée aux polyrythmies du tam-tam, envoutait, berçait, bref, si l’on veut verser dans le lyrisme, soignait l’âme, ou plutôt ses bleus. […] Le dieu du sabar s’est assoupi car, bien que son corps mortel repose au cimetière musulman de Yoff, son œuvre demeure immortelle, à l’image d’un autre illustre fils d’Afrique qui a fait rayonner la culture du continent, l’enfant de Niafounké : Ali Farka Touré. Salut l’artiste ! »