Dix-neuf morts, 141 blessés dans la localité de Kerawa, dans les parages des frontières avec le Nigeria et le Tchad, dans septentrion camerounais. L’Etat islamique pour l’Afrique de l’ouest est pointé du doigt, mais la presse africaine continue d’utiliser l’appellation Boko Haram. Comme Le Journal du Cameroun, qui rappelle que, depuis deux ans, l'Extrême-Nord du pays est la cible « régulière » de raids meurtriers, d'enlèvements et désormais d'attentats-suicide, « jusque-là inédits dans ce pays, menés par Boko Haram ». Ou comme Afrik.com, qui remarque que, bien qu’affaibli, ce groupe terroriste « n’a pas abdiqué ».
A la présidence de la République, au ministère de la Communication et dans certains cercles du pouvoir à Yaoundé, les autorités « préparent » la réaction du gouvernement camerounais, prévient Cameroon-Info.
Cette double-attaque à Kerawa, c’est « le comble de l’horreur », s’indigne Le Pays. Le quotidien burkinabè trouve en effet que son mode opératoire traduit tout le « cynisme » des jihadistes. « Car, que dire quand un kamikaze se faisant passer pour une victime, fait exploser sa ceinture pour, disons, "achever" ceux qui avaient échappé à la mort lors de la première attaque ? », interroge le journal ouagalais. En tout cas, la « nébuleuse » terroriste qui a frappé à Kerawa voudrait « narguer et défier » la Force mixte internationale « qu’elle ne s’y prendrait pas autrement », estime Le Pays.
Prédiction accablée de l’autre grand quotidien du Burkina-Faso L’Observateur Paalga : il sera long, pénible et périlleux, le chemin qui mène vers l’écrasement total de la « vermine salafiste ».
Mali : blocage dans le nord
Au Mali, la situation à Anéfis va-t-elle se débloquer ? La presse malienne appelle à mettre balle à terre. « Calmons le jeu, lance ainsi Le Challenger. Car, quand vous avez vos pieds sur une termitière, il faut savoir les poser. Cela exige beaucoup de stratagèmes ». A Gao, où les négociations sont en cours, les groupes armés progouvernementaux disent être « d’accord pour quitter la ville », mais ils « demandent plus de temps » pour honorer l’engagement du Président IBK. Il faut « rester ferme sur certains principes », prévient Le Challenger, « en aucun cas », la localité d’Anéfis ne doit être « occupée » par la Coordination des mouvements de l’Azawad, la rébellion à dominante touarègue.
Burundi : peur sur la ville
Au Burundi, les nuits de Bujumbura sont agitées. La violence est de retour. C’est ce qu’est allé constater sur place Libération. Le quotidien français s’est rendu dans ce qu’il appelle les quartiers « contestataires » de la capitale burundaise. Et il raconte les « grenades qui explosent dans la nuit, les tirs d’armes automatiques qui claquent à travers la ville, (…) les corps, parfois, découverts au petit matin ».
Libé rapporte aussi que les services de renseignements burundais « possèdent des photos prises lors de manifestations » contre le troisième mandat du président Nkurunziza ayant précédé l’élection de juillet dernier, et tentent d’identifier « ceux qui y ont pris part ».
Jeux africains : esprit sportif
Enfin un mot des Jeux africains, pour la cérémonie officielle d’ouverture de cette compétition sportive continentale aujourd’hui à Brazzaville. Et avec une brochette de portraits de chefs d’Etats africains en « Une », le quotidien congolais Les Dépêches de Brazzaville pavoise. Car, selon lui, l’organisation à domicile de ces Jeux africains, qui sont, selon lui, « la plus ambitieuse des compétitions sportives du continent africain », rien de moins, est aussi la manifestation de la volonté des Congolais « d’inscrire définitivement leur nation dans la modernité ». Le journal y voit une occasion « unique » d’en apporter la preuve « qui ne se représentera pas avant longtemps, bien longtemps », prévient-il. Et Les Dépêches de Brazzaville d’inviter en conséquence la classe politique congolaise à « taire ses divisions stériles » et affirmer de façon claire sa volonté d’accompagner les citoyens dans la « longue marche » vers la dite modernité !