Tout d’abord le premier anniversaire de la chute de Blaise Compaoré au Burkina Faso. « An I : un peuple toujours debout », s’exclame Le Pays à Ouagadougou. C’était donc le 31 octobre 2014. Ce jour là, rappelle le journal, « comme un seul homme, le peuple burkinabè s’est levé pour dire non à la tentative de modification de la Constitution devant permettre au président Blaise Compaoré de briguer un énième mandat à la tête de l’Etat. Bravant les chars et les canons du pouvoir, le peuple burkinabè s’est lancé à l’assaut de l’hémicycle où les députés de la majorité présidentielle s’apprêtaient à réaliser, à la suite du gouvernement, le rêve de Blaise Compaoré de s’accrocher au pouvoir. Les barricades ne résistèrent pas longtemps face à la détermination populaire. C’était la première d’une série de victoires du peuple debout. »
 
Parmi ces victoires, l’instauration d’une transition apaisée, note encore Le Pays : « la transition mise en place au lendemain de la chute de Blaise Compaoré aura, notamment sous la pression populaire, entrepris de nettoyer les écuries d’Augias. Ainsi, des dossiers brûlants comme ceux de Thomas Sankara et Norbert Zongo, ont été rouverts par la justice et les Burkinabè attendent qu’enfin la lumière se fasse. Des textes juridiques ont été révisés pour les mettre en adéquation avec le nouveau Burkina. La traque de la délinquance financière est engagée. C’est dire qu’il y a de nombreux signaux positifs, depuis que le peuple burkinabè a décidé de reprendre son pouvoir jadis confisqué par Blaise Compaoré et son clan. »
 
« En un an, renchérit le quotidien Aujourd’hui, la principale leçon de cette transition est qu’elle a ouvert des chantiers salutaires pour le pays et dont même le prochain pouvoir qui sera issu des élections du 29 novembre ne saurait faire l’impasse. Le vouloir vivre ensemble revient peu à peu et il a suffit d’une vraie réconciliation pour que le Burkina retrouve le chemin d’un balbutiement du développement. » Et « les burkinabè espèrent qu’ils pourront enfin voter vraiment à cette date du 29 novembre, sans une interruption comme ce fut le cas le 16 septembre dernier. Quand un serpent vous a mordu vous avez peur même d’un bois mort. »
 
Le bilan de la transition est globalement positif, insiste L’Observateur Paalga. « Il faut reconnaître que tout compte fait, le président Michel Kafando, le Premier Ministre et son gouvernement auront jusque-là tenu la maison Burkina sans trop de casse et s’ils donnent parfois le sentiment d’être des sous-doués de la politique, c’est sans doute parce qu’ils n’ont pas l’expérience de l’Etat. Et avec la menace sécuritaire qui plane sur le Burkina, il ne reste plus qu’à croiser les doigts, conclut L’Observateur, pour que le scrutin du 29 novembre se déroule “dans le calme et la sérénité” selon l’expression consacrée. »
 
Ghislaine et Claude, deux ans…
 
Autre commémoration : il y a deux ans, nos confrères et amis Ghislaine Dupont et Claude Verlon étaient assassinés au Mali. La presse du continent relaie ce matin les inquiétudes et les doutes exprimés par les familles, les amis et les collègues des deux journalistes. « Au printemps 2014, le parquet de Paris a ouvert une information judiciaire pour déterminer les circonstances du drame, note L’Indicateur du Renouveau à Bamako. Malgré l’enquête en cours, celles-ci restent floues et leurs assassins n’ont toujours pas été arrêtés. Les familles, amis, confrères de Ghislaine et Claude attendent toujours des réponses. L’association “Les amis de Ghislaine et Claude” se bat depuis un an pour connaitre la vérité. Et elle s’interroge toujours : “Qui sont les tueurs ? Pour quels commanditaires ? Pourquoi les avoir tués ? Sont-ils réellement recherchés par tous les acteurs présents au Nord-Mali ? Ghislaine et Claude avaient-ils récolté des informations sensibles ? Dans quelles circonstances ont-ils réellement été tués ?” »
 
Le site d’information MaliActu relaye pour sa part le dernier communiqué de l’association qui tiendra une conférence de presse ce lundi : « dix-huit mois après l’ouverture d’une information judiciaire, cinq mois après la demande officielle du juge instructeur de pouvoir accéder à des informations soumises au secret défense, trois mois après la rencontre à l’Elysée où le président de la République, chef des armées, a promis aux familles et à notre association de déclassifier dès maintenant la totalité du dossier, où en est-on ? Les mêmes questions restent désespérément sans réponses, constate l’association : pourquoi ce silence persistant de la part de toutes les forces françaises, maliennes, touarègues ou onusiennes présentes sur le terrain ? Pourquoi la coopération judiciaire avec le Mali est-elle toujours au point mort ? Pourquoi la justice française dispose-t-elle de si peu de moyens pour instruire et avancer dans cette affaire ? »