La Fifa, la Fédération internationale de football, ou encore la « Fédération internationale des fraudeurs associés » ?, s’interroge L’Observateur Paalga au Burkina. En effet, l’affaire est d’importance… Sept hauts responsables de l’instance suprême du football mondial ont donc été arrêtés par la police suisse hier à Zurich. Leur arrestation fait suite à une demande de la justice américaine qui les accuse de racket, blanchiment d’argent et corruption dans le cadre notamment de l’attribution de plusieurs coupes du monde ou de contrats marketing, lors de ces 24 dernières années. Pour le moment, ils sont en détention préventive, mais très rapidement, ils pourraient être extradés vers les États-Unis pour répondre de leurs actes.
Pour L’Observateur Paalga, rien d’étonnant finalement… « Les stigmates de cette tourmente étaient bien perceptibles, et à tout moment, la cocote minute pouvait exploser. En effet en 2010, depuis l’attribution de la coupe du monde 2018 à la Russie et celle de 2022 au Qatar, ça sentait le soufre dans les coulisses de la forteresse. […] Pour le moment, pointe encore le quotidien burkinabé, il n’y a pas de représentant du continent africain directement concerné. C’est tant mieux. Mais il se murmure que l’ancien président de la Fédération ivoirienne de football Jacques Anouma, alors membre du Comité exécutif de la Fifa, serait dans le collimateur. Il faut craindre que le président de la confédération africaine, Issa Hayatou, lui-même, soit entendu. »
 
Déjà l’Afrique du Sud…
 
L’Afrique touchée par ce scandale ? Oui, répond le site d’information guinéen Ledjely.com : « comme l’a dit le procureur fédéral de Brooklyn, Kelly Currie, on pourrait être au début d’un vaste scandale qui toucherait jusqu’à l’Afrique. Déjà, l’édition sud-africaine de la grand-messe planétaire du cuir rond se trouve épinglée. A cela s’ajoute le rôle trouble que certains dirigeants africains auraient joué dans l’attribution des Coupes du monde de 2018 et 2022. […] Et ce n’est pourtant pas le seul motif d’inquiétude pour les responsables africains, relève encore Ledjely.com. Avant le coup de filet d’hier, le journal britannique, Sunday Times, avait déjà fait des révélations troublantes pour quelques responsables de fédérations africaines de football. C’est le cas notamment pour l’ancien président de la Fédération guinéenne, Aboubacar Bruno Bangoura, dont le magazine anglais disait qu’il avait perçu des pots-de-vin à hauteur de 10 000 dollars américains, en 2010, de la part du lobbyiste qatari, Bin Hammam. Issa Hayatou, l’inamovible dirigeant camerounais de la CAF, Jacques Anouma, l’Ivoirien et Amos Adamu, le Nigérian, étaient aussi cités par notre confrère britannique comme ayant bénéficié des faveurs de Bin Hammam. Chacun d’eux aurait reçu la rondelette somme de 400 000 dollars avant un voyage qu’ils devaient effectuer à Doha. »
 
Par ailleurs, « s’agit-il d’une vengeance américaine sur la Fifa ? », s’interroge de son côté Fraternité Matin en Côte d’Ivoire. Fraternité Matin qui croit savoir que « les Etats-Unis, candidats malheureux à l’organisation du Mondial 2022, ont juré d’avoir la peau du gouvernement mondial du ballon rond. » Et il est vrai, relève encore le quotidien abidjanais, que « depuis que le Qatar a réussi à convaincre l’instance fédérale de lui attribuer l’organisation de ce Mondial 2022, malgré des problèmes liés aux infrastructures et aux conditions météorologiques, la planète football ne cesse de tanguer. Tout le monde suspecte Blatter et son staff de corruption. »
 
Blatter emporté ?
 
Sepp Blatter, le patron de la Fifa, dont le mandat, hasard du calendrier ?, est remis en jeu demain vendredi… « Peut-être que tout comme le roseau qui plie mais ne rompt pas, souligne le quotidien Aujourd’hui au Burkina, Sepp Blatter, qui peut encore compter sur les dirigeants du continent africain, sera probablement élu ce vendredi 29 mai, pour un cinquième mandat. Sepp Blatter qui, pour le moment, n’est aucunement inquiété, mais c’est comme s'il l'était... pointe le quotidien burkinabè, puisque tout s’écroule autour de lui ; ses principaux collaborateurs sont dans l’œil du cyclone de la justice américaine ; et ce serait le comble que tous ces agissements frauduleux n’aient pas été menés sans qu’il en soit informé. Il en sort indemne, mais pour combien de temps ? »
 
Enfin, Le Pays, toujours au Burkina, hausse le ton : « depuis longtemps déjà, cette mégastructure qu’est la Fifa était devenue une véritable caverne d’Ali Baba, grouillante de voleurs, un haut lieu de ripoux. Il faut, au fouet, tous les chasser du temple. Sans ménagement et sans distinction de grands et de petits. Et peut-être qu’après la Fifa, voudra-t-on regarder aussi du côté de la CAF. Il faut nettoyer proprement et méthodiquement les écuries d’Augias, partout où cela est nécessaire. Le football, la plus grande discipline sportive s’il en est, a besoin d’une nouvelle virginité morale. »