« L’heure de vérité a sonné ! », s’exclame Le Pays à l’occasion de ce « mégaprocès » selon le quotidien burkinabè : 84 accusés, des dizaines de témoins à entendre et autant d’avocats mobilisés pour faire la lumière sur les motivations des putschistes emmenés par le général Gilbert Diendéré.
« Enfin sonne le carillon de la justice », tonne de son côté Aujourd’hui au Faso, pour qui « le jugement fera date » en raison de la qualité des accusés, « hiérarques du régime de Blaise Compaoré et membres de sa garde prétorienne ». Et le quotidien de se féliciter de la tenue du procès alors que selon lui « beaucoup de Burkinabè n’y croyaient plus » estimant « qu’il serait impossible de juger tous ces responsables sans éclabousser les princes du moment ».
Un scepticisme dont se fait l’écho L’Observateur Paalga : « Ne dit-on pas que quand la politique entre dans le prétoire, la justice en sort ? », s’inquiète le journal pour qui « il faudra au tribunal et à l’opinion publique beaucoup de patience ».
« Attention, rebondit Aujourd’hui au Faso, que chaque Burkinabè sache que la justice est la recherche permanente de l’injustice minimale », il faudra donc « accepter les verdicts comme l’autorité de la chose jugée », si bien sûr poursuit le quotidien, « tout se déroule dans les règles de l’art ».
L’Observateur fixe une condition pour atteindre cet objectif : « la sérénité du juge ». « Et là rien n’est gagné d’avance », poursuit le journal, alors que les différents camps fourbissent leurs arguments et qu’il devrait y avoir foule chaque jour aux abords de la Salle des banquets de Ouagadougou où se tient le procès.
Pour Le Pays, le général Diendéré et ses coaccusés « peuvent toutefois se réjouir de ne pas connaître le sort réservé au commandant Lingani ou au capitaine Zongo » allusion aux deux militaires qui avaient été exécutés en 1989 après avoir tenté de renverser Blaise Compaoré. « La tenue même de ce procès est une avancée de notre démocratie », se félicite le journal…
En Afrique du Sud, c’est un renversement en douceur qui a porté Cyril Ramaphosa à la tête du pays et le nouveau président poursuit sa stratégie du changement dans la continuité.
Et le remaniement gouvernemental annoncé hier soir par le chef de l’Etat est loin de faire l’unanimité dans les journaux sud-africains. « Le compromettant cabinet de compromis de Cyril », titre ainsi Le Mail and Guardian, pour qui le président a certes « fait quelques changements audacieux », mais au prix du maintien de figures controversées avec pour objectif « l’unité de l’ANC » analyse le quotidien. Et Le Mail and Guardian de pointer notamment du doigt le nouveau ministre de l’Intérieur Malusi Gigaba ou de l’ancienne femme de Jakob Zuma, Nkosazana Dlamini-Zuma au ministère de la Planification.
« Ramaphosa annonce le retour des vieux briscards », titre de son côté l’Independent Online citant l’ancien ministre des Finances Nhlanlha Néné, qui retrouve son poste après avoir été limogé par Jakob Zuma il y a quelques mois, notamment pour s’être intéressé de trop près aux liens entre l’ancien président et l’influente famille Gupta. Le Sowetan Live note d’ailleurs que plusieurs ministres proches de ces affairistes ont été priés de rendre leur tablier.
City Press de son côté se penche sur la nomination de David Mabuza au poste de vice-président. Selon le site d’information, « Cyril Ramaphosa s’est évité un pugilat au sein de son parti » en faisant confiance à celui qui avait été déjà choisi pour la vice-présidence de l’ANC en décembre dernier.
Pourtant selon News24, David Mabuza n’était pas « forcément partant pour le poste » il y a encore 24 heures, préférant apparemment terminer son mandat à la tête de la province de Mpumalanga.
Mais là encore selon l’Independent Online, c’est « l’unité de l’ANC » qui a primé, même si, rappelle le site d’informations, David Mabuza arrive avec une réputation très controversée, entre soupçons de corruption et rumeurs d’assassinats politiques.
A la Une de la presse également, la journée ville-morte organisée en Guinée hier, à l’appel de l’opposition.
Alors qu’au moins une personne a perdu la vie dans les heurts qui se sont déroulés à Conakry, Le Djely se demande ce « que veut l’opposition ? » « Le mobile des manifestations  la fraude aux élections communales   est compréhensible » note le quotidien, mais « le timing choisi et l’objectif affiché posent quelques problèmes ». « Pourquoi attendre que la Commission Electorale ait rendu les résultats définitifs pour se lever ? » s’interroge le journal pour qui « on ne peut pas demander ni obtenir de la CENI qu’elle se dédise ».
C’est pourtant la revendication du chef de l’opposition cité par Guinéematin.com. « Il n’y a aucune autre issue que de sortir le vrai résultat des urnes » revendique Cellou Dalein Diallo, qui reconnaît des discussions avec le médiateur de la République. « Il y a eu des promesses, mais nous n’avons rien obtenu » poursuit-il « donc pour le moment nous continuons les manifestations ».