Pas d’excuses, comme certains l’attendaient, mais des regrets… Au deuxième jour de sa visite, « le roi des Belges s’est adressé aux Congolais, au Palais du peuple. Devant les députés, il a donc réitéré, pointe le site Politico, ses 'regrets profonds' pour les blessures du passé infligées au Congolais par ses grands-parents pendant l’époque coloniale en RDC. »

Pour sa part, le président Tshisekedi a déclaré ne pas souhaiter s’appesantir sur le passé « qui n’est pas à reconsidérer », a-t-il dit.

Finalement, relève Cas-Info , autre site d’information congolais, le passé « à la fois glorieux et douloureux, a été mis en sourdine. »
Ne pas s’arcbouter sur le passé ?
Regarder vers l’avenir et ne pas s’attarder sur le passé : c’est la bonne voie, estime L’Observateur Paalga au Burkina Faso : « pourquoi faudrait-il qu’on exige toujours des excuses plates et des pardons, comme si on se complaisait à regarder éternellement dans le rétroviseur au lieu de se focaliser sur le futur ? », s’interroge le quotidien ouagalais. « Certes, poursuit-il, il faut parfois regarder vers notre passé, proche ou lointain, pour mieux envisager l’avenir, mais il faut se garder de se barricader dans cette susceptibilité mémorielle, pour ne pas dire dans cette 'rente mémorielle', ainsi que l’avait affirmé Emmanuel Macron devant les dirigeants algériens. On a même souvent l’impression qu’une telle attitude nous exonère de notre propre responsabilité. Qu’a fait justement, s’interroge L’Observateur Paalga, le Zaïre d’abord, la RDC ensuite, depuis que le pays a acquis son indépendance formelle pour construire une véritable société de progrès au bénéfice de tous ? Pas grand-chose en réalité. Bien au contraire, à la prédation des colons a suivi celle des dirigeants, particulièrement Mobutu, sorte de Léopold II noir. Et les Kabila père et fils n’ont pas fait mieux. »
L’insécurité à l’est…
Autre sujet abordé hier dans les discours des uns et des autres : l’insécurité persistante à l’est du pays… En effet, pointe Le Monde Afrique, « cette visite intervient en plein regain de tension entre la RDC et son voisin le Rwanda, accusé par Kinshasa de soutenir des rebelles. Le roi a évoqué dans son discours 'l’intégrité territoriale du Congo+ et l’instabilité dans l’Est, 'où règnent trop souvent une violence inhumaine et l’impunité. Cette situation ne peut plus durer', a-t-il dit. Parmi les domaines de coopération qu’il voudrait voir renforcés, le président congolais a mentionné de son côté, la 'coopération militaire'. Un temps suspendue, celle-ci a repris par de la formation, mais, a-t-il dit, 'c’est à la Belgique de voir ce qu’elle peut apporter de plus'. »

Le président Tshisekedi souhaiterait en effet une plus grande implication de la Belgique, relève Actualité CD : « en priorité, un accompagnement pouvant permettre la montée en puissance des forces de défense et de sécurité. » Toutefois, on n’en est pas encore là…
RDC-Rwanda : l’improbable paix ?
D’ailleurs, à ce propos, Jeune Afrique s’interroge : « Félix Tshisekedi et Paul Kagame peuvent-ils encore choisir la paix ? (…) Après trois ans de coopération, les deux présidents s’affrontent autour de la rébellion du M23, que Kinshasa estime soutenue par Kigali. Dimanche dernier, le Congolais a, pour la première fois, publiquement mis en cause son homologue rwandais. »

Alors, s’interroge Jeune Afrique, « la solution peut-elle encore être diplomatique ? En prenant les devants avec une communication offensive, Tshisekedi compte sur un soutien de la communauté internationale. Au sein du Conseil de sécurité, on condamne certes sans détours les agissements du M23, mais personne ne s’est risqué à mettre publiquement en cause le Rwanda. Faut-il en déduire que l’escalade militaire est inévitable ? », s’interroge encore Jeune Afrique. « Félix Tshisekedi a dit souhaiter accélérer la mise en place d’une force régionale contre les groupes armés. Le M23, qui multiplie les communiqués hostiles au FARDC et à la Monusco, assure malgré tout vouloir 'une solution pacifique'. Mais ses revendications ont désormais peu de chances d’être entendues et sa marge de manœuvre s’est considérablement réduite. »